dimanche, 20/09/2026   
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Rezaï : Toute nouvelle guerre avec les USA sera plus vaste et plus douloureuse

Le secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, le général de brigade Mohsen Rezaï, a élevé le niveau des messages de menace adressés par Téhéran aux USA et à l’ennemi israélien, évoquant une disposition iranienne à mener une nouvelle confrontation plus intense, et mettant en garde les pays qui permettent l’utilisation de leurs territoires et bases dans les opérations militaires américaines contre les répercussions de la poursuite d’une telle situation.

Dans un entretien accordé à la chaîne qatarie Al Jazeera depuis la capitale iranienne, Téhéran, Rezaï a présenté une lecture selon laquelle les USA ont commis une erreur d’appréciation quant à leur capacité à trancher la confrontation avec l’Iran, estimant que la poursuite de la guerre et le passage des bombardements au blocus maritime, puis aux pressions économiques, reflètent un état « d’impuissance et de tâtonnement » américain.

Rezaï a déclaré que si les USA décidaient de lancer une nouvelle action militaire, ils se heurteraient à un Iran devenu plus préparé qu’auparavant, soulignant le développement de capacités de missiles, de défense et électroniques, et annonçant que son pays riposterait par des frappes « plus nombreuses et plus douloureuses ».

Menace directe contre les bases américaines

Les propos de Rezaï ont véhiculé un message militaire direct aux forces et aux bases américaines dans la région. Il a affirmé que si la guerre venait à éclater de nouveau, l’Iran ciblerait les bases aériennes américaines d’où décollent les avions participant aux opérations menées contre lui, soulignant que son pays ne se contenterait pas de défendre son territoire si des bases de la région étaient utilisées pour exécuter des attaques à son encontre.

Il a ajouté que l’Iran a développé, selon ses dires, des missiles anti-navires, et qu’il a testé un missile près d’un porte-avions américain, évoquant également l’augmentation de la vitesse de ses missiles hypersoniques de 6 à 10 machs, aux côtés du développement de systèmes de guerre électronique et de défenses aériennes.

Rezaï a indiqué que les navires américains présents dans l’océan Indien seraient exposés à des attaques si la guerre éclatait et qu’ils ne s’éloignaient pas de la région.

Les pays de la région face à une nouvelle équation

Dans son message adressé aux pays de la région, Rezaï a placé ces derniers devant un choix clair : interdire l’utilisation de leurs bases par les forces américaines ou assumer les conséquences de la poursuite de leur utilisation dans la guerre.

Il a affirmé que les pays arabes amis de l’Iran peuvent éviter que leurs bases ne soient ciblées s’ils empêchent les avions américains de décoller de celles-ci pour mener des opérations contre l’Iran. Il a souligné que l’Iran, selon sa version, n’a pas ciblé les villes arabes ou les centres gouvernementaux, mais s’est concentré sur les bases d’où décollent les avions qui bombardent l’Iran, tout en avertissant qu’une nouvelle guerre verrait ces bases frappées de manière encore plus vigoureuse.

L’économie dans le collimateur de la riposte iranienne

Rezaï n’a pas restreint la menace iranienne au domaine militaire, l’élargissant également au domaine économique. Il a affirmé que si Washington cherchait à perturber les relations commerciales et financières de l’Iran à travers les pays de la région, Téhéran riposterait en ciblant les entreprises et les intérêts économiques américains.

Il a expliqué que la riposte iranienne, selon sa vision, pourrait inclure les entreprises américaines opérant dans la région, ainsi que des mesures contre le trafic des navires appartenant aux pays qui coopèrent avec les USA pour imposer un blocus économique à l’Iran.

Il a indiqué que Téhéran pourrait imposer des restrictions sur la circulation de certains navires dans le détroit d’Ormuz si des pays voisins coopéraient avec Washington dans le cadre du blocus financier et économique.

Le message de Rezaï dépasse le concept de la riposte militaire directe pour tenter de dessiner une équation plus large : toute pression économique exercée sur l’Iran pourrait être contrée par une pression économique et sécuritaire exercée sur les intérêts américains et de leurs partenaires dans la région.

Le détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb : élargir le cercle de la confrontation

Rezaï a abordé les craintes d’une extension du champ du conflit pour inclure les couloirs maritimes vitaux, notamment le détroit d’Ormuz et Bab el-Mandeb. Il a rejeté les accusations portées contre l’Iran quant à sa responsabilité dans tout mouvement à Bab el-Mandeb, estimant que c’est la poursuite de la guerre américo-israélienne qui pousse la région vers davantage de tensions.

Il a averti que la persistance des guerres pourrait conduire à des perturbations plus vastes dans le trafic du commerce et de l’énergie, établissant un lien entre ce qui se passe au Moyen-Orient et la guerre russo-ukrainienne, et mettant en garde contre le fait que l’enlisement des conflits pourrait pousser le monde vers un état généralisé d’insécurité.

Il a estimé que le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, selon son évaluation, poussent vers une escalade susceptible d’avoir des répercussions mondiales.

Israël’ dans le collimateur des messages iraniens

Quant à Israël, il a été clairement présent dans le discours de Rezaï, qui lui a imputé la responsabilité principale d’avoir poussé Washington à la guerre contre l’Iran. Il a affirmé que les mesures américaines contre Téhéran ont eu lieu, selon sa description, « à l’instigation d’Israël », et que Netanyahu a poussé Trump dans ce qu’il a qualifié de « bourbier ».

Rezaï a établi un lien entre la guerre contre l’Iran et les opérations israéliennes au Liban, à Gaza et en Syrie, estimant que la poursuite de ces fronts fait partie d’une seule et même crise régionale.

Il a exigé que les USA fassent pression sur Israël pour qu’il cesse ses opérations, se retire de certaines régions du sud du Liban et du sud de la Syrie, et mette fin aux attaques contre Gaza et la Cisjordanie, estimant que la fin de la guerre sur ces fronts constitue une partie des conditions posées par Téhéran pour clore la confrontation.

Dans le même temps, il a mis en garde contre toute nouvelle initiative israélienne en direction de l’Iran, soulignant que son pays ne la traiterait pas comme une opération limitée ou dissociée de la guerre.

Conditions iraniennes avant le retour aux négociations

Sur le plan politique, Rezaï a déclaré que l’Iran n’est pas disposé à reprendre les négociations avec les USA sans que ses conditions ne soient préalablement remplies. Il a précisé que ces conditions comprennent :

1-La libération des avoirs iraniens gelés

2-La fin de la guerre sur tous les fronts

3-La non-ingérence dans les affaires intérieures iraniennes

4-L’arrêt de toute agression contre le territoire iranien

5-La levée du blocus maritime

Il a affirmé que Téhéran a communiqué ces conditions par l’intermédiaire de médiateurs, et que la balle est désormais, selon ses termes, dans le camp américain.

Le dossier nucléaire : une porte qui n’a pas été fermée

Concernant le dossier nucléaire, Rezaï a laissé la porte ouverte à l’éventualité d’un réexamen de la position iranienne vis-à-vis du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Il a déclaré que les frappes ayant ciblé les installations nucléaires iraniennes et les menaces subies par son pays ont fait du retrait du traité une option à l’étude, tout en confirmant que l’Iran n’a pas pris de décision finale à ce sujet.

Il a également affirmé que Téhéran reste attaché à sa position déclarée de ne pas chercher à se doter d’une arme nucléaire, mais a ajouté que « l’avenir est incertain », liant cela au point de savoir si les USA poursuivront la guerre ou cibleront à nouveau les installations nucléaires iraniennes.

Nous ne capitulerons pas

En conclusion de son entretien, Rezaï s’est attardé sur la dimension interne de la confrontation, estimant que la capacité de l’Iran à poursuivre la guerre repose sur ce qu’il a qualifié de soutien populaire et de disposition à défendre le pays. Il a affirmé que l’Iran ne capitulera pas et que les frappes aériennes ne suffisent pas à trancher la guerre, s’interrogeant sur la raison pour laquelle les USA n’envoient pas de troupes au sol s’ils veulent remporter une victoire militaire décisive.

Il a estimé que la poursuite de la guerre placera Washington face à un coût croissant, tout en appelant les pays islamiques à ne pas s’associer aux politiques de Trump et à œuvrer plutôt à la construction de structures régionales indépendantes.

Source : Médias