mardi, 27/10/2026   
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Trump lance une vaste offensive pour semer le doute avant les élections de mi-mandat

Arrestations d’étrangers accusés d’avoir voté illégalement, primes pour des dénonciations : l’administration Trump sort les grands moyens pour semer le doute avant les élections de mi-mandat, dans une croisade contre la fraude dénoncée comme une tentative d’intimidation par l’opposition démocrate.

Donald Trump affirme depuis des années, sans preuves, que des centaines de milliers d’étrangers votent dans des États contrôlés par les démocrates, faussant les résultats. Il n’a jamais admis sa défaite face à Joe Biden en 2020.

Mal en point dans les sondages, le président américain a ordonné ces dernières semaines une vaste offensive pour remettre en cause l’intégrité du système électoral américain.

Dans plusieurs États comme la Pennsylvanie, la Californie ou encore la Floride, des agents fédéraux armés ont arrêté une poignée de personnes accusées d’avoir voté par le passé sans avoir la nationalité américaine.

Une campagne qui s’accompagne d’avertissements sévères pour l’élection en cours.

Au Texas, le procureur fédéral Aaron Reitz – qui avait vainement tenté de faire annuler les résultats de la présidentielle dans quatre États en 2020 – donne de la voix.

« Si vous violez la loi électorale fédérale, je vous traquerai et vous poursuivrai », a-t-il prévenu la semaine dernière sur X.

Lundi, Donald Trump lui-même a promis une récompense d’un million de dollars à « toute personne signalant une fraude électorale lors de scrutins passés ou lors des élections de mi-mandat 2026 ».

Poignée d’arrestations

En Californie, 28 arrestations ont eu lieu la semaine dernière, dans des affaires remontant jusqu’à 2002.

Ces interpellations « prouvent ce que nous disons depuis le début », a martelé le procureur fédéral Bill Essayli, en diffusant des photos judiciaires des prévenus lors d’une conférence de presse.

« La Californie envoie des bulletins de vote à des non-citoyens et refuse de se conformer à la loi fédérale, qui fait du vote des non-citoyens un crime », a-t-il insisté.

Comme beaucoup de démocrates, Janice Hahn, membre du conseil municipal de Los Angeles, a dénoncé « une intimidation des électeurs et une tentative flagrante de miner la confiance dans nos élections de mi-mandat ».

Ces arrestations « sont utilisées pour donner l’impression d’une fraude électorale généralisée alors que nous savons que ce n’est pas le cas ».

Ces derniers mois, l’administration Trump a assuré que la Californie comptait 190.000 électeurs « illégaux » dans ses registres.

Elle a ensuite revu ce chiffre drastiquement à la baisse, à 20.000 personnes, et réclame à la justice d’ordonner la séquestration de leurs bulletins, à quelques jours du scrutin.

Une liste hautement contestée par les autorités locales, qui s’étonnent également du timing de cette procédure judiciaire.

De nombreuses études ont démontré que les cas de fraude électorale se produisent de manière anecdotique aux États-Unis.

Le New York Times a récemment examiné une base de données tenue par le think tank conservateur The Heritage Foundation, qui ne relève que 100 cas de votes de non-citoyens entre 1982 et 2025.

« Cela représente environ 0,000008% des plus de 1,3 milliard de votes exprimés lors des élections présidentielles durant cette période », a souligné le quotidien.

Peur des électeurs

L’administration Trump mène « une chasse agressive à ce type de fraude à l’échelle nationale », observe Rick Hasen, professeur de droit à l’université UCLA, dans une récente note de blog. « Il n’est pas surprenant qu’ils en aient trouvé peu, car c’est un problème limité. »

La campagne médiatique du gouvernement trouble certains électeurs.

À Los Angeles, un citoyen américain originaire du Guatemala a confié anonymement à l’AFP ne pas être serein.

« Ils arrêtent des gens qui ont des visas ou la citoyenneté », s’est-il inquiété. « Même quelqu’un qui est devenu citoyen peut avoir des problèmes. On ne sait jamais avec ce président. »

Les associations de défense des droits civiques tentent elles de réagir avec des initiatives comme « Vote Safe ».

Cette campagne déploie des membres du clergé, des anciens combattants, des enseignants et d’autres volontaires dans les bureaux de vote, où ils expliqueront les droits des électeurs, tenteront de désamorcer les confrontations et documenteront les intimidations ou autres comportements répréhensibles.

« La peur est le but recherché, et nous devons agir », estime Mary Corcoran, directrice du Save America Movement. « Si on la laisse sans réponse, la peur suffit à maintenir les gens chez eux sans qu’un seul agent n’ait à mettre le pied dans un bureau de vote. »

Source : AFP