samedi, 31/10/2026   
   Beyrouth 14:15

Cisjordanie : L’armée israélienne renforce son emprise sur al-Khalil pour le 9e jour consécutif. Environ 5.000 Palestiniens déplacés

L’armée d’occupation israélienne a intensifié ses mesures militaires dans les quartiers résidentiels de la ville d’al-Khalil (Hébron), en Cisjordanie occupée, en déployant des renforts dans toute la ville, alors que son offensive entre dans son neuvième jour consécutif, samedi.

L’opération, lancée le 23 octobre, a entraîné le déplacement de milliers de Palestiniens et des dizaines d’arrestations. Les soldats ont également démoli des habitations et des installations et détruit des infrastructures.

Vendredi soir, l’armée a imposé un bouclage militaire du quartier d’Ein Dir Baha et mené des incursions ainsi que des arrestations visant plusieurs jeunes hommes, ont indiqué des témoins oculaires à l’Agence Anadolu.

Selon ces témoins, des véhicules militaires israéliens ont pénétré dans le secteur et des soldats ont annoncé au moyen de haut-parleurs qu’il s’agissait d’une « zone militaire fermée », dont l’accès et la circulation étaient interdits.

Des images diffusées par des médias locaux montrent des forces israéliennes déployées dans tout le quartier et des habitants sommés de ne pas rester dans le secteur.

D’autres vidéos publiées en ligne, notamment par le réseau Quds News Network, montrent des soldats encerclant un groupe de Palestiniens, les obligeant à placer les mains sur la tête avant de les emmener sous forte escorte vers une destination inconnue.

Dans le cadre des dernières démolitions, des sources locales et des témoins oculaires ont indiqué que l’armée avait rasé les maisons de Hamouda Wael Mohammad al-Jabbah et d’Ahmad Bassam Mohammad Ashour al-Jabbah, dans le quartier d’Ein Dir Baha. Israël accuse les deux hommes d’avoir mené une attaque par arme à feu le 23 octobre dans le secteur de Farsh al-Hawa, à l’ouest de la ville.

Attaques de colons illégaux

L’opération militaire s’est accompagnée d’une vague de violences perpétrées par des colons illégaux. Cinq Palestiniens ont été blessés vendredi lorsque des colons ont attaqué une famille à coups de bâtons, de gaz poivre et de pierres alors qu’elle récoltait des olives dans le quartier de Tel Rumeida, au centre d’Hébron. Les assaillants ont également volé leur récolte, selon la Commission palestinienne de résistance à la colonisation et au mur.

La Commission a indiqué que des colons avaient également incendié un local agricole et du matériel dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Hébron, tandis que des agriculteurs avaient été empêchés de travailler dans les localités de Dura et d’al-Shuyukh.

L’armée d’occupation a lancé son offensive après une opération par arme à feu menée le 23 octobre par deux Palestiniens, qui a coûté la vie à deux soldats israéliens et blessé trois autres. L’armée a ensuite tué les deux auteurs de l’opération.

Depuis, l’armée a bouclé la ville et les villages environnants. Elle s’est emparée de maisons dans les quartiers de Jalada et d’Ein Dir Baha pour les transformer en casernes militaires. Les premiers jours de l’offensive ont été marqués par des déplacements forcés, la démolition de maisons, de commerces et d’autres bâtiments, la destruction d’infrastructures ainsi que le déploiement de drapeaux israéliens sur des habitations transformées en casernes.

La municipalité d’Hébron a indiqué mardi que l’offensive avait entraîné le déplacement de 4 969 Palestiniens, soit 780 familles.

La Société des prisonniers palestiniens a déclaré que l’armée avait arrêté 110 Palestiniens dans le gouvernorat d’Hébron entre vendredi et mercredi.

Le siège et les restrictions de circulation ont également perturbé l’enseignement dans 66 établissements scolaires, affectant 2 872 élèves. Parmi eux, 2 198 sont directement soumis au siège, tandis que 674 ont été déplacés de force et ne peuvent plus rejoindre leurs écoles.

Les Palestiniens déplacés réclament la fin du bouclage militaire et la levée du siège de leurs quartiers afin de pouvoir regagner leurs domiciles et reprendre leur vie quotidienne.

Source : Anadolu