Le président américain, Donald Trump, a tenté lundi de commercialiser un récit de « victoire » qui n’a, pour l’heure, aucune traduction concrète sur le terrain, face à l’échec de l’objectif fondamental : le changement de régime en Iran.
Cela semble être un prélude à l’annonce de la fin de l’agression, à l’instar de la manière dont Trump a mis fin à la guerre au Yémen il y a quelques mois, d’autant plus qu’il a déclaré lors d’une conférence de presse en Floride que « la guerre est proche de sa fin ».
Trump a affirmé : « Nous avons totalement écrasé l’Iran et nous ne nous arrêterons pas avant de lui avoir infligé une défaite totale », ajoutant que « les capacités de l’Iran en missiles et drones sont en cours de destruction complète ».
Il a poursuivi : « Nous avons déjà remporté de nombreuses victoires », avant de nuancer : « mais nous n’en avons pas encore remporté assez
Et de prétendre : « L’Iran était considéré comme un État puissant, mais nous l’avons totalement écrasé. Les forces américaines ont détruit environ 80 % des sites et rampes de lancement de missiles iraniens », qualifiant l’offensive militaire de « petit voyage pour se débarrasser d’une partie du mal ».
Il a annoncé que la guerre contre l’Iran serait de courte durée, répondant à une question sur une fin possible sous une semaine : « Non. Mais bientôt, très bientôt », menaçant les dirigeants iraniens : « certains sont déjà partis, d’autres comptent leurs dernières minutes avant de partir ».
Lors d’entretiens de presse, Trump a refusé de divulguer sa manière de traiter avec le nouveau Guide iranien, Mojtaba Khamenei. Il a déclaré au New York Post : « Je ne vous le dirai pas. Mais je ne suis pas satisfait de lui », ajoutant qu’il ignorait si la décision de l’introniser durerait, estimant que « les Iraniens ont fait une erreur ».
Dans un autre entretien avec CBS, Trump a indiqué qu’il réfléchissait à « quelqu’un pour remplacer Khamenei », prétendant être « très en avance sur le calendrier initial de 4 à 5 semaines » et considérant que « la guerre iranienne est en grande partie terminée ».
De son côté, le Wall Street Journal a rapporté, citant des responsables américains, que « Trump a informé ses adjoints qu’il soutiendrait l’assassinat de Mojtaba Khamenei si celui-ci ne répondait pas à ses exigences ».
Cependant, après dix jours de guerre, le président américain n’a pu fournir de preuve que les États-Unis progressent vers leurs objectifs, d’autant que les divisions autour de l’agression s’accentuent.
Le président français, Emmanuel Macron, a cherché à s’en distancier, affirmant que « la France ne fait pas partie de l’attaque contre l’Iran », malgré l’annonce du déploiement de deux porte-avions et de frégates au Moyen-Orient pour une mission multinationale visant à sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Pour sa part, le Kremlin a annoncé un entretien téléphonique entre Trump et le président russe, Vladimir Poutine, au sujet de l’Iran, qualifiant l’échange de « constructif et franc ». Poutine aurait soumis à Trump plusieurs propositions pour mettre fin rapidement au conflit iranien.
Concernant les perspectives de cessez-le-feu, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a souligné : « Notre première condition pour un cessez-le-feu est l’arrêt de toute agression supplémentaire », précisant que plusieurs pays, dont la Chine, la Russie et la France, ont pris contact avec Téhéran à ce sujet.
Au niveau arabe, le sultan d’Oman, Haitham bin Tariq, a adressé ses félicitations à Mojtaba Khamenei pour son choix comme Guide, tandis que son ministre des Affaires étrangères, Badr Al-Busaidi, a appelé à un cessez-le-feu et au retour à la diplomatie, affirmant que « les intérêts régionaux et américains ne seront réalisés » que par cette voie.
