samedi, 18/04/2026   
   Beyrouth 17:28

« Choc en Israël » après les injonctions de Trump de ne plus bombarder le Liban. Les violations se poursuivent dans les zones libanaises frontalières

D’après le site web Axios, un état de choc a régné dans les cercles politiques israéliens autour du Premier ministre Benjamin Netanyahu, suite aux déclarations fermes du président américain Donald Trump, dans lesquelles il a mis en garde Tel Aviv contre la poursuite de ses attaques contre le Liban.

Jeudi dernier, Trump a annoncé qu’Israël et le Liban avaient convenu d’un cessez-le-feu de dix jours. Axios a souligné que les États-Unis faisaient pression pour cette trêve depuis plusieurs jours, ajoutant que l’accord était « politiquement très sensible » pour Netanyahu et que son gouvernement avait confirmé qu’il ne serait soumis à aucune restriction quant à la possibilité de frapper le Hezbollah si nécessaire.

Le cessez-le-feu a été une condition iranienne sine qua non pour entamer les négociations avec les Etats-Unis. Ayant été admise dans un premier moment, Trump l’a renié après le refus catégorique de Netanyahu. Au lendemain, il a lancé une campagne de plus de 100 raids à travers tout le Liban, dont la capitale Beyrouth, tuant plus de 300 civils et en blessant plus de 1.100. Les Iraniens ont alors suspendu toute tractation, rappelant leur attachement indubitable à cette clause. Des responsables iraniens ont fustigé le suivisme à Netanyahu de Trump qui s’est résigné à annoncer le cessez-le-feu, après avoir poussé les autorités libanaises à entamer des négociations directes avec l’entité sioniste.

Vendredi, le président américain a publié un tweet sur son compte Truth Social, dans lequel il déclarait d’un ton ferme : « Israël ne bombardera plus le Liban. Les États-Unis le lui interdisent. Trop, c’est trop. »

Il a réitéré sa position dans une interview accordée à Axios, déclarant : « Israël doit cesser. Ils ne peuvent pas continuer à bombarder des bâtiments. Je ne le permettrai pas. »

A noter que l’accord publié par le département d’État américain comporte six clauses et stipule qu’Israël s’est engagé à ne pas mener d’opérations militaires offensives contre des cibles libanaises, y compris des cibles civiles, militaires et autres cibles étatiques, mais qu’il « se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires en légitime défense à tout moment, contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours ».

« Ce n’est pas une victoire absolue »

L’accord a été très mal reçu par une grande partie du public israélien, selon lequel il ne s’agit pas d’une victoire absolue, Netanyahu n’ayant pu éradiquer le Hezbollah. Selon un sondage publié par la chaine israélienne 12, plus de la moitié (51%) lui sont défavorables.

C’est surtout dans les colonies du nord, frontalières avec le Sud-Liban que le mécontentement est à son paroxysme. Elles ont été bombardées par la résistance libanaise sans répit pendant les 44 jours de guerre, en riposte à l’agression israélienne contre le Liban.

La municipalité de la colonie de Kiryat Shmona, a déclaré la « guerre contre l’avenir » de Netanyahu qualifiant l’accord de celui de l’abandon.

Dans une déclaration officielle, son maire Avichai Stern a souligné que le gouvernement de Netanyahu « tourne le dos à ceux qui sont sous le feu des critiques », affirmant qu’« il ne s’agit pas d’une victoire absolue, mais plutôt d’une trahison envers les habitants du Nord ».

Les « habitants des zones de première ligne » réclament une résolution définitive et la fin des combats à répétition, a déclaré l’ex-Premier ministre Naftali Bennet, soulignant que les combattants de « l’armée » ont réalisé des succès militaires, mais que « le gouvernement n’est pas parvenu à démanteler ni le Hamas ni le Hezbollah »

L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, a dit vendredi qu’ « il est inconcevable que l’État d’Israël abandonne les habitants du nord et les prenne en otage en raison de la politique de « combats successifs » de Netanyahu, sous la pression extérieure.

« Netanyahu, vous avez dit qu’un Premier ministre incapable de résister aux pressions extérieures ne devrait pas accéder à cette fonction. Vous avez échoué. Il est temps d’organiser des élections », a-t-il réclamé.

Des observateurs déplorent surtout que le cessez-le-feu ait été imposé sous la pression de l’Iran.

Selon l’analyste des affaires militaires du Maariv, Avi Ashkenazi, la guerre qu’« Israël » a déclenchée sous le nom de « Rugissement du Lion » commence maintenant à ressembler aux « miaulements de chats », car « l’événement s’effondre sur lui-même ». 

Une ligne jaune

L’entrée en vigueur du cessez-le-feu n’a pas empêché l’armée d’occupation israélienne de le violer.

Elle a tué vendredi un Libanais et blessé trois autres personnes, dont un ressortissant syrien, lors d’une frappe aérienne israélienne qui a ciblé une moto et une voiture sur la route publique de Qounine – Beit Yahoun, dans le district de Bint Jbeil, au sud du Liban.

Ce samedi, l’armée ennemie israélienne a annoncé la mort d’un soldat blessé vendredi dans l’explosion d’un engin piégé au sud du Liban.

Une première déclaration vendredi avait rendu compte que 6 soldats ont été blessés dont un grièvement.

Israël s’emploie pour empêcher le retour des habitants dans 55 villages et localités du sud du Liban où il tente d’imposer « une ligne jaune », a rapporté vendredi la CNN citant des responsables de l’armée israélienne.  

Le Hezbollah a averti qu’il n’acceptera pas un cessez-le-feu sans retrait israélien du Liban.

Source : Médias