lundi, 04/05/2026   
   Beyrouth 01:29

La violence israélienne dans la région et dans le monde se retourne contre la société israélienne.

La société israélienne devient de plus en plus violente, révèlent les données du Conseil national pour la sécurité de l’enfance et les chiffres officiels de la police.

Selon le rapport du journal israélien Globes, le constat est alarmant chez les mineurs israéliens, auprès desquels les cas de violence grave commis ont augmenté de 150 % ces dernières années.

Les dossiers criminels ouverts concernant des mineurs soupçonnés sont passés de 44 dossiers en 2019 à 109 dossiers en 2024. Les experts et les historiens attribuent cette tendance à la hausse à l’effondrement des cadres éducatifs, au manque de financement alloué à la jeunesse et à l’absence de programmes de réhabilitation, ce qui a exacerbé les tendances agressives « structurelles ».

Concernant la criminalité en général, le journal indique que le nombre total de meurtres a explosé ces dernières années et que l’année 2025 avait établi un nouveau record en termes de nombre de décès, atteignant 309 personnes, dépassant les statistiques de 2023 et 2024. Cette période coïncide avec le mandat du gouvernement actuel, qui fait face à de vives critiques en raison de la détérioration de la « sécurité personnelle ».

Les données ont réfuté les affirmations persistantes du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, concernant le renforcement des effectifs de police avec des milliers de personnes, car les chiffres ont révélé que l’augmentation réelle des effectifs (le solde global entre les recrutements et les départs à la retraite) n’a pas dépassé 1 822 policiers sur trois ans,  un nombre inférieur à celui des périodes précédentes et qui ne  correspond pas à l’actuelle « explosion de la criminalité ».

Cette controverse statistique survient à la suite de nouveaux meurtres qui ont soulevé des questions sur l’inadéquation du système de sécurité israélien, au moment même où le commissaire de police Danny Levy a admis que le décrochage scolaire des enfants avait contribué à cette détérioration, dans un contexte d’échanges d’accusations au sein de l’establishment israélien quant à la responsabilité de la « société ayant atteint ce niveau d’effusion de sang ».

Mais le cœur du problème pourrait bien être ailleurs.

Force est de constater que ces analyses cherchant à détecter les causes de la montée de la violence au sein de la société israélienne évitent de stigmatiser la violence extrême exercée dans l’impunité totale sur les Palestiniens et les peuples du Moyen Orient ces dernières années. Une violence que les Israéliens ne cherchent plus à cacher, l’affichant ostensiblement avec une certaine fierté dans les vidéos et images diffusées sur les réseaux sociaux.

  

Signe de cette propension ostentatoire à la violence est le gâteau d’anniversaire de Ben-Gvir, orné du symbole de la potence. Il lui a été offert par son épouse pour saluer sa décision approuvée par le parlement israélien en faveur de la peine de mort pour les prisonniers palestiniens. Ce qui consacre la normalisation des scènes de violence et à un affaiblissement de la sensibilité à leur égard.

Depuis la désignation de Ben-Gvir, la violence des geôliers israéliens contre les détenus palestiniens a atteint un niveau gravissime : les centres de détention continuent de fonctionner comme un réseau de camps de torture pour les Palestiniens, où les mauvais traitements systématiques, notamment les violences physiques et psychologiques, les conditions inhumaines, la famine et le refus de soins médicaux, persistent et s’aggravent, entraînant de nombreux décès, déplore l’organisation israélienne B’Tselem pour les droits de l’homme dans les territoires occupés. Certains témoins relatent également les violences sexuelles qu’ils ont subies ou dont ils ont été témoins.

De même, Ben-Gvir a attisé la violence des colons en Cisjordanie occupée en les armant et en neutralisation les sanctions qu’ils devraient mériter. Ils s’acharnent avec une violence extrême contre les Palestiniens dans l’intention affichée de les expulser de leurs terres.  

S’apparentent aussi à des scènes de violence au sein de la société israélienne les rassemblements réalisés par les colons dans les périphéries de la bande de Gaza, se réjouissant des massacres été perpétrés par l’armée israélienne contre la population palestinienne et des démolitions qui ont suivi, dans la perspective de la chasser pour y établir des colonies.

L’attaque de violence gratuite réalisée la semaine passée par un colon israélien contre une religieuse chrétienne française dans la ville sainte d’al-Qods ne saurait être comprise en dehors de cette violence dégainée, nourrie par l’impunité.

D’ailleurs, elle n’épargne pas non plus les militants pro palestiniens dans les pays occidentaux alliés d’Israël. Exprimant leur hostilité aux politiques génocidaires israéliennes, ils font l’objet de violente répression, poursuivis par la police, traqués pas la justice et harcelés dans les médias mainstream, avec l’implication des autorités et des acteurs locaux sous l’impulsion des lobbies sionistes. Une répression qui menace les fondements mêmes des régimes démocratiques dignes de ce nom. Les acteurs des organisations internationales de l’ONU en sont aussi les victimes.     

Cette violence acharnée israélienne conjuguée à l’impunité n’est pas une dérive mais un aboutissement progressif du projet sioniste colonialiste, ne pouvant perdurer sans elle. Elle finit néanmoins par se retourner contre son environnement. La violence des jeunes est bien un signe indicatif.    

Source : Divers