vendredi, 08/05/2026   
   Beyrouth 06:47

Après l’escalade au Moyen-Orient, l’Algérie rejette la présence de toute base militaire étrangère sur son territoire

L’Algérie a renouvelé son engagement « à rejeter l’implantation de toute base militaire étrangère sur son territoire », soulignant que « sa souveraineté nationale représente une ligne rouge à laquelle on ne peut renoncer, quels que soient les défis régionaux et internationaux ».

Cette position intervient à la lumière de l’escalade des tensions sécuritaires dans la région et de la controverse croissante sur le rôle réel des bases militaires étrangères qui s’étend dans un certain nombre de pays arabes.

Les voix politiques algériennes ont confirmé que « les récents développements au Moyen-Orient ont révélé que ces bases ne servent pas nécessairement à la sécurité des peuples arabes, mais sont plutôt liées avant tout à la protection des intérêts des grandes puissances et de leurs alliés, Israël en tête ». Ils ont également estimé que « certains pays qui misent sur une présence militaire étrangère n’ont pas atteint la stabilité souhaitée, mais se sont plutôt retrouvés impliqués dans des conflits régionaux et internationaux complexes ».

Dans ce contexte, le parlementaire du mouvement Société pour la Paix, Youssef Ajisa, a déclaré à Sputnik : « Depuis le début de la guerre entre l’Iran et Washington, l’Algérie a connu de nombreuses visites diplomatiques de nombreux pays, d’Amérique, d’Europe, d’Afrique, de Russie, de Chine et du monde arabe, et cela est dû à la position de l’Algérie, qui est devenue un acteur régional largement respecté, de par ses positions équilibrées mais aussi sa stabilité et sa fermeté diplomatiques, et à la lumière de ces crises internationales, les pays recherchent des partenaires stables et crédibles, et c’est ce qu’ils ont trouvé en Algérie ».

Il a ajouté que « l’Algérie n’a jamais été partie à aucun conflit, sans parler de son poids énergétique et de son rôle dans les causes justes, ce qui en fait une place importante dans l’agenda régional ».

Il a poursuivi : « L’Algérie repose sur un principe ferme fondé sur le respect de la souveraineté des pays et le rejet de l’ingérence dans leurs affaires intérieures. Les expériences ont prouvé que la présence de bases militaires dans n’importe quel pays est liée à la protection des intérêts de ces pays avant toute autre considération. C’est pourquoi l’Algérie a historiquement maintenu sa conviction fondée sur l’interdiction de la présence de bases militaires étrangères sur son territoire, quelle que soit la nature des relations politiques, sécuritaires et militaires entre ces pays, et elle a préféré renforcer ses capacités de défense nationale et promouvoir des solutions politiques aux conflits dans le monde ».

Il a souligné que « l’Algérie adhère au principe de non-alignement et d’indépendance de la prise de décision nationale, et il s’agit là d’un choix historique et non d’une position circonstancielle. Nous l’avons remarqué même lorsqu’il était membre du Conseil de sécurité lors de la bataille contre Déluge d’Al-Aqsa et de ce à quoi la population de Gaza a été soumise. La position de l’Algérie a été claire malgré tout ce à quoi elle a été exposée à l’intérieur et à l’extérieur, et cet équilibre est dans l’intérêt commun, car l’Algérie ne croit pas tant à la politique des axes qu’à la politique de partenariat équilibré qui sert ses intérêts nationaux et préserve sa souveraineté ».

Cette position reflète une doctrine établie dans la politique algérienne depuis l’indépendance, qui repose sur le rejet de toute présence militaire étrangère permanente à l’intérieur du pays et sur l’adhésion à l’indépendance de la prise de décision nationale à l’écart de la politique des axes et alliances militaires étrangers.

Les observateurs estiment que « l’Algérie fonde cette approche sur son expérience historique du colonialisme, où la notion de souveraineté occupe encore une place centrale dans la conscience politique et populaire. Le pays qui a mené l’une des guerres de libération les plus violentes du XXe siècle considère que la protection de l’indépendance ne se limite pas aux seules frontières, mais implique également de préserver la décision souveraine de toute influence extérieure ».

D’un autre côté, certains pays défendent l’accueil de bases militaires étrangères comme un moyen de renforcer la sécurité et la défense commune, mais l’Algérie continue d’adopter une approche différente qui repose sur le renforcement de ses capacités de défense nationale et préfère les solutions politiques et diplomatiques pour faire face aux crises régionales.

Les analystes confirment que « cette option a donné à l’Algérie une plus grande marge de manœuvre dans les dossiers internationaux et l’a aidée à maintenir l’image d’un pays qui n’est pas impliqué dans la forte polarisation qui sévit dans la région ».

Entre l’escalade des tensions internationales et l’évolution des rapports de force, il semble que l’Algérie continue d’établir un principe cohérent dans sa politique étrangère : il n’existe pas de souveraineté complète avec la présence de bases militaires étrangères sur son territoire.

Source : Médias