mardi, 12/05/2026   
   Beyrouth 16:54

Iran : pas d’amendement des propositions pour mettre fin à la guerre

Le pouvoir iranien a écarté mardi l’idée d’amender ses propositions pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, après que le président Donald Trump a jugé que le document reçu de Téhéran était bon « à mettre à la poubelle ».

le processus diplomatique, via la médiation du Pakistan, semble bloqué plus d’un mois après l’instauration d’une trêve précaire dans une guerre qui continue à bouleverser l’économie mondiale. L’économie américaine semble aussi sérieusement affectée. L’administration du président américain Donald Trump a décidé de libérer plus de 53,3 millions de barils de la réserve stratégique de pétrole afin de contrer la hausse des prix provoquée par la guerre contre l’Iran et de sécuriser les marchés avant la saison estivale des déplacements en voiture.

« Il n’y a pas d’autre choix que d’accepter les droits du peuple iranien, tels qu’établis dans la proposition en 14 points. Toute autre approche serait infructueuse et ne mènerait qu’à une succession d’échecs », a écrit sur X le président du Parlement et négociateur en chef de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf.

Il a interpellé les négociateurs américains, estimant que « plus ils traîneront les pieds, plus les contribuables américains en paieront le prix », au moment où les cours du pétrole évoluent à des niveaux toujours élevés.

Dans sa réponse, l’Iran appelle à une fin immédiate des hostilités dans la région, y compris au Liban, et à l’arrêt du blocus de ses ports par la marine américaine, selon le ministère des Affaires étrangères. Il réclame également le dégel des avoirs iraniens détenus à l’étranger.

En cas de reprise des attaques, l’Iran se tient prêt « à riposter et à donner une leçon », a averti M. Ghalibaf lundi.

Le porte-parole de la Commission parlementaire de la sécurité nationale a lui évoqué la possibilité de porter l’enrichissement d’uranium à 90%, le taux nécessaire pour fabriquer la bombe atomique. « Nous étudierons » l’option au Parlement, a écrit Ebrahim Rezaei dans un message posté sur X.

Ces déclarations surviennent après celles de Donald Trump qui a dénigré la proposition iranienne et assimilé le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril à un malade « sous assistance respiratoire », avec « 1% de chances » de survie.

Le contenu de la proposition américaine initiale n’a pas été rendu public. Selon certains médias, elle contient un protocole d’accord en une page pour mettre fin aux combats et établir un cadre de négociations sur le dossier nucléaire.

Dans un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a brandi, la menace d’une relance de son « opération de protection des navires pour franchir le détroit d’Ormuz », verrouillé par l’Iran depuis l’offensive israélo-américaine du 28 février.

Il l’avait mise sur pause dès le 5 mai, au lendemain de son lancement, invoquant alors les « grands progrès accomplis » vers un accord, espoirs qui se sont depuis évanouis.

Le président Trump est attendu mercredi à Pékin où il restera jusqu’à vendredi, pour rencontrer son homologue Xi Jinping.

Selon l’administration américaine, il entend faire pression pour que la Chine use de son influence sur l’Iran en vue d’une sortie de crise dans le Golfe, alors que Pékin est de loin le principal importateur du pétrole iranien.

Lundi, l’administration américaine a annoncé avoir imposé des sanctions à 3 personnes et 9 entreprises, dont 4 entreprises basées à Hong Kong, 4 aux Émirats arabes unis et une à Oman, pour avoir « aidé l’Iran à expédier du pétrole vers la Chine ».

Source : Avec AFP