Dans une étude récente réalisée en décembre 2025 par le King’s College de Londres sur la position du peuple libanais sur la question du désarmement du Hezbollah a été surprise d’apprendre que près de la moitié des sondés sont hostile à cette démarche, rapporte le Foreign Policy.
De quoi compromettre la décision du gouvernement prise le mois de septembre dernier de procéder à ce désarment.
Ayant interrogé un échantillon représentatif de plus de 2 000 citoyens libanais et mené des entretiens d’une heure avec 300 participants, ses résultats indiquent que 45% d’entre eux y sont opposés sachant que seulement 18 % d’entre eux expriment un soutien politique au Hezbollah, ce qui correspond à ses récents résultats électoraux.
Pour expliquer ce décalage entre la proportion de soutien politique au Hezbollah et celle qu’il conserve ses armes, l’étude retient surtout le motif lié à la sécurité, rappelant un constat : « un participant sur cinq a déclaré avoir été fortement exposé à la guerre et à la violence politique depuis 2023 ; plus de la moitié ont affirmé se sentir menacés existentiellement par Israël. »
« Le Hezbollah s’est longtemps présenté comme le seul rempart crédible du Liban contre Israël, une perception que les combats de ces dernières années ont encore renforcée », fait remarquer l’étude.
Celle-ci retient un autre facteur « de loin le plus déterminant pour expliquer l’opposition au désarmement était tout autre : un ressentiment moral envers le gouvernement libanais lui-même ».
« Ceux qui rejetaient le plus catégoriquement l’idée de désarmement n’étaient pas les partisans les plus fervents du Hezbollah, mais ceux qui étaient le plus convaincus que l’État les avait trahis ».
Les griefs reprochés à l’Etat sont le manque d’équité, le sentiment d’une absence de responsabilité et de justice, et la corruption généralisée et quotidienne, « comme lorsque l’effondrement du système bancaire a anéanti l’épargne des citoyens ordinaires tandis que les élites dissimulaient leurs avoirs à l’étranger ».
Selon l’étude, les attaques israéliennes qui « ravagent précisément les infrastructures et les institutions étatiques renforce le sentiment d’injustice et d’incompétence de l’État qui, selon nos recherches, constitue la principale motivation des Libanais pour s’opposer au désarmement du Hezbollah ».
Force est de constater que cette étude qui exclut que les pressions militaires ou économiques puissent modifier l’avis de la moitié des Libanais qui s’opposent au désarmement du Hezbollah pointe surtout la défaillance de l’Etat qui « n’est pas digne de confiance », et promeut la solution « d’une vision unifiée d’un État libanais digne de désarmement ». Elle omet les interférences extérieures qui l’ont empêché de bâtir une armée digne de confiance qui puisse défendre le Liban des agressions israéliennes.
Source : Médias
