lundi, 18/05/2026   
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Le « Dôme d’or » américain : 7 800 satellites pour intercepter seulement 10 missiles

Une analyse réalisée par Sputnik sur une étude publiée par le Bureau du budget du Congrès américain (CBO) a révélé que les États-Unis auraient besoin de déployer une constellation de 7 800 satellites, pour un coût atteignant 743 milliards de dollars sur 20 ans, et ce, afin d’intercepter une attaque limitée de seulement 10 missiles simultanés, dans le cadre de la composante spatiale du système de défense aérienne proposé, le « Dôme d’or ».

La composante d’interception spatiale représente l’élément le plus coûteux du système « Dôme d’or », dont le Bureau du budget du Congrès estime le coût total de développement, de déploiement et d’exploitation à environ 1 200 milliards de dollars sur deux décennies. Cette composante spatiale s’accapare à elle seule 60% des dépenses totales et 70% des coûts d’acquisition qui s’élèvent à 1 000 milliards de dollars.

Cette estimation globale dépasse de loin le chiffre de 185 milliards de dollars avancé par le directeur du bureau du « Dôme d’or » pour la structure cible du système au cours de la prochaine décennie.

Le maintien de cette couverture constitue un fardeau financier majeur en raison de la traînée aérodynamique dans l’atmosphère à des altitudes variant entre 300 et 500 kilomètres. Cette résistance entraîne une dégradation des orbites, limitant la durée de vie de chaque satellite à environ cinq ans seulement.

Pour maintenir une présence continue de 7 800 satellites, les États-Unis devront lancer environ 1 600 satellites de remplacement par an, soit un total de près de 30 000 lancements sur une période de 20 ans.

Bien que l’on suppose une baisse des coûts de lancement futurs à 500 dollars par kilogramme grâce aux missiles lourds de nouvelle génération, le coût moyen d’un seul satellite reste fixé à 22 millions de dollars.

Selon le rapport, la taille phénoménale de cette constellation est nécessaire car les satellites sont conçus pour intercepter les missiles durant leur « phase de propulsion », une fenêtre de temps très courte de seulement trois à cinq minutes pendant laquelle le moteur du missile est encore allumé.

Étant donné que les satellites en orbite basse se déplacent en réseaux et ne peuvent pas rester stationnaires au-dessus de sites de lancement spécifiques, le besoin de milliers d’unités devient impératif pour garantir qu’un nombre suffisant d’intercepteurs soit toujours positionné assez près pour atteindre la cible avant la fin de la phase de propulsion.

Source : Médias