Par Mohammad Khawajoï
Les perspectives d’une confrontation militaire entre l’Iran et les États-Unis reviennent sur le devant de la scène avec plus d’insistance que jamais.
Ce regain de tension survient alors que le président américain, Donald Trump, semble avoir échoué, lors de sa récente visite en Chine, à convaincre Pékin de s’associer à lui pour accentuer la pression sur Téhéran et réduire ses liens avec elle.
En parallèle, le canal d’échange de messages entre l’Iran et les États-Unis n’a pas encore réussi à dessiner un horizon clair pour parvenir à un accord, tandis que le blocus maritime américain a échoué à faire fléchir la position de la République islamique, notamment concernant la réouverture du détroit d’Ormuz.
Le ton des responsables américains s’est durci au cours des derniers jours, et des médias américains ont rapporté que les États-Unis et Israël se préparent à une reprise de la guerre.
C’est dans ce contexte qu’est intervenu l’entretien téléphonique d’hier entre Trump et le Premier ministre de l’ennemi, Benjamin Netanyahu.
Selon l’Autorité de radiodiffusion israélienne, Netanyahu et Trump se sont entretenus pendant plus d’une demi-heure pour discuter de l’éventualité d’une reprise des combats en Iran et de la visite de Trump en Chine.
Sur sa plateforme Truth Social, Trump a publié un montage graphique le montrant aux côtés d’un de ses chefs militaires, avec la mention : « Le calme avant la tempête ».
L’image montre le président américain à bord d’un navire de guerre dans des conditions tempétueuses, au milieu de bâtiments navals arborant le drapeau iranien.
Trump a également partagé une animation sur la même plateforme, où on le voit ordonner à un navire américain d’ouvrir le feu sur une cible portant le drapeau iranien.
De plus, le locataire de la Maison Blanche a déclaré au site Axios que « si le régime iranien ne présente pas une meilleure offre, il recevra un coup bien plus sévère ».
Bien que certains médias américains fassent état de doutes au sein même de l’administration quant à un embrasement de la guerre, l’option d’un retour aux combats semble être perçue en Iran comme une probabilité très forte, d’autant que les milieux militaires et sécuritaires évoquent de plus en plus la préparation à un tel scénario.
Le porte-parole des forces armées iraniennes, Abolfazl Shekarchi, a affirmé que la riposte de l’Iran serait cette fois « plus offensive » et « surprenante ».
Parallèlement, le journal Javan, proche du « Corps des Gardiens de la révolution », a publié un dessin montrant un missile iranien s’abattant sur la tour « Khalifa » à Dubaï, menaçant les pays du Golfe alliés des États-Unis et d’Israël d’une frappe globale.
Le journal écrit : « Même si l’Iran subit une agression de quelques heures ou de quelques jours, sa riposte sera de nature à paralyser la production de pétrole et de gaz dans ces pays pendant des années ».
Il a également évoqué de nouveaux rapports faisant état d’une coopération entre les Émirats et ‘Israël’, incluant l’accueil de Netanyahu durant la période de la guerre avec l’Iran, estimant que « les preuves de la trahisons des Émirats commencent à se révéler l’une après l’autre » et qu’« il n’y a plus de place pour la complaisance dans l’adoption d’une approche ferme à leur égard ».
Le quotidien a ajouté que les responsables politiques, militaires et juridiques en Iran « ont abandonné les réserves liées aux relations de voisinage et sont devenus plus francs face aux alliés régionaux des États-Unis et d’Israël ».
Sur le terrain, le ministère de la Défense des Émirats arabes unis a annoncé avoir intercepté « 3 drones ayant pénétré par la frontière ouest, abattant deux d’entre eux, tandis que le troisième a touché un générateur électrique en dehors du périmètre interne de la centrale nucléaire de Barakah à Al Dhafra ».
Le ministère émirati des Affaires étrangères a pour sa part qualifié l’attaque d’« escalade dangereuse », soulignant qu’il se réserve « l’intégralité de ses droits souverains » pour y faire face.
Pendant ce temps, des images du satellite européen Sentinel-2 ont montré le positionnement d’un porte-avions américain de la classe « Nimitz », accompagné de trois destroyers, dans le nord de la mer d’Arabie, à 270 kilomètres au sud-est du port iranien de Chabahar.
Les photos prises samedi révèlent le porte-avions américain avec un sillage de mouvement net à la surface de la mer, ce qui indique qu’il était en déplacement au moment de la capture.
Malgré la succession des signes d’escalade, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a déclaré dans un entretien au journal britannique The Times que les efforts de médiation de son pays entre Téhéran et Washington « se poursuivent en dépit de l’escalade verbale mutuelle », se montrant optimiste quant à la possibilité de tenir un second round de négociations directes, ce qui pourrait ouvrir la voie à une paix durable.
Dans un développement lié, le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, qui entretient des liens étroits avec le chef de l’armée pakistanaise, le général Asim Munir, a effectué ces deux derniers jours une visite à Téhéran au cours de laquelle il a rencontré le président Massoud Pezeshkian, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, ainsi que le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.
Il se murmure que l’un des objectifs de cette visite est lié à l’échange de messages entre l’Iran et les États-Unis.
Certains médias iraniens ont rapporté que Téhéran « a transmis, samedi soir, ses points de vue à la partie pakistanaise, après avoir reçu une série de propositions américaines via Islamabad ».
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar
