lundi, 25/05/2026   
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Cheikh Qassem : si le gouvernement est incapable de garantir la souveraineté du Liban, qu’il démissionne

Le secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, a prononcé ce Dimanche un discours à l’occasion du 26e anniversaire de la Journée de la Résistance et de la Libération, dans lequel il a abordé la situation politique actuelle au Liban et dans la région.

Un jour férié pour tous les Libanais et pour la Palestine.

Evoquant l’importance de la commémoration du retrait israélien du Liban en l’an 2000, Cheikh Qassem a déclaré :

« Tous ceux qui ont contribué à la résistance sont associés à la libération qui a été obtenue… L’équation de la résistance, l’armée et le peuple avaient formé un trio qui a permis d’accomplir la libération…

L’harmonie entre l’État et la résistance a constitué un facteur important et déterminant dans la réalisation de la libération…

La Journée de la Résistance et de la Libération est un jour fériée pour tous les Libanais et les peuples libres du monde, ainsi qu’un jour férié pour la Palestine.

Nous devons garder à l’esprit que ce sont les frappes de la résistance qui ont forcé l’occupation à se retirer de la zone frontalière en 2000 … L’accord humiliant du 17 mai n’a pas été appliqué et a été abandonné en 1984, et ce fut une étape sur la voie de la libération qui a été franchie ».

La criminalisation de la résistance

Cheikh Naïm Qassem a poursuivi en critiquant les efforts déployés par le chef de l’Etat et le Premier ministre pour criminaliser la résistance depuis l’accord de cessez-le-feu conclu le 24 novembre 2024, par l’État libanais.

« Il était censé mettre fin à l’occupation et arrêter les attaques, mais pendant les 15 mois qui ont suivi l’accord, les attaques israéliennes ont continué et l’État libanais était incapable d’en faire appliquer la mise en œuvre ».

S’adressant au gouvernement libanais, il a déclaré : « Nous ne demandons pas à l’État de s’opposer au projet américano-israélien, mais il ne doit pas en être un instrument. »

Évoquant les mesures prises par les autorités libanaises, cheikh Qassem a ajouté : « Les concessions faites par l’État libanais se sont poursuivies jusqu’à criminaliser la résistance le 2 mars 2026 », appelant le gouvernement à revenir sur les décisions prises contre la résistance afin de se ranger du côté de son peuple.

Par ailleurs, le secrétaire général du Hezbollah a averti que le projet d’Israël est d’anéantir la résistance et d’occuper progressivement le Liban, conformément à son plan.

« Le gouvernement devrait démissionner »

Réagissant aux récentes sanctions des Etats-Unis contre des personnalités libanaises, cheikh Qassem a déclaré qu’elles visent à exercer des pressions en raison de « leur incapacité à atteindre leurs objectifs ». « Les sanctions américaines ne nous affaibliront pas, et si l’Amérique se montre encore plus agressive, elle ne gagnera plus rien au Liban car si elle le détruit sur la tête de son peuple, elle le détruira aussi sur sa tête. »

Il a poursuivi : « Les autorités libanaises viennent nous dire : “Aidez-nous à vous désarmer pour qu’Israël puisse ensuite entrer, vous tuer et déplacer votre peuple.” »

Cheikh Qassem a déploré l’absence de souveraineté politique au Liban, le pays étant placé sous tutelle américaine. « La souveraineté ne se limite pas à la sécurité, elle englobe également les dimensions économique, politique et sociale », a-t-il affirmé, avant de s’interroger : « Qu’a fait le gouvernement en un an et demi ? S’il est incapable de protéger la souveraineté, il devrait démissionner. »

« Les drones continueront la traque des soldats ennemis »

S’adressant à la fois « aux amis et aux ennemis de la résistance » il a souligné que la résistance « défendra la terre, l’honneur et le peuple ». « Nous affronterons quiconque nous affrontera aux côtés d’Israël comme nous affrontons Israël, et cette arme restera entre nos mains jusqu’à ce que l’État soit en mesure de remplir concrètement son devoir. »

Il a une énième fois appelé à la cessation de l’agression, à un retrait israélien complet, à la libération des prisonniers, au retour des résidents, puis à une discussion sur la stratégie de défense.

Il a ajouté : « Ce qui se passe aujourd’hui confirme la survie d’un Liban fort et libéré, ce qui se passe dans le sud marque le début du déclin d’Israël », notant qu’il y a « de réelles pertes israéliennes dans le sud du Liban, et qu’en retour, Israël cible des civils et des habitations. »

Le secrétaire général du Hezbollah a promis que « les drones de la résistance continueront à traquer les soldats ennemis israéliens », indiquant que « sans les images de drones, les Israéliens n’auraient pas reconnu ces pertes. »

« Le monopole des armes, un projet israélien. »

Concernant la question du monopole des armes aux mains de l’Etat, cheikh Qassem l’a rejeté une nouvelle fois : « Les armes resteront entre nos mains jusqu’à ce que l’État libanais soit en mesure de remplir son devoir », soulignant que « le monopole des armes à ce stade est un projet israélien et doit être renversé ».

Il a souligné : « Le désarmement consiste à supprimer les capacités de défense du Liban en vue de son annihilation, et c’est quelque chose que nous ne pouvons accepter. »

Les négociations directes, une victoire pour « Israël ».

Cheikh Qassem a réitéré son rejet des négociations directes entre le gouvernement libanais et le gouvernement d’occupation israélien, affirmant qu’elles ne profitent qu’à « Israël ».

Il a ajouté : « Je vous conseille d’abandonner les négociations directes, de dire aux États-Unis de ne plus rien vous demander… alors les Américains viendront vous quémander un accord ».

« Nous annoncerons bientôt la troisième libération. »

 Évoquant une menace existentielle contre le Liban, cheikh Qassem a affirmé que la résistance se défendra « jusqu’à l’obtention de l’un des deux exploits : la victoire ou le martyre », soulignant que les massacres des civils et les destructions des biens « visent à nous mettre à genoux, mais nous ne plierons jamais, nous resterons sur le champ de bataille et nous sortirons de la guerre la tête haute ».

Il a affirmé : « Nous reconstruirons les maisons, notre peuple retournera chez lui, nous chasserons l’ennemi vaincu et nous annoncerons bientôt la troisième libération. »

Qard al-Hassan : « sa suppression un projet américain »

Concernant la question de l’institution de prêts sans intérêt du Hezbollah al-Qard al-Hassan, cheikh Qassem a rappelé qu’il s’agit d’« une œuvre sociale indépendante et que toute agression contre cette institution est une agression contre les pauvres et les personnes à faibles revenus », ajoutant : « Le projet d’élimination d’al-Qard al-Hassan est un projet américain et nous le combattrons. »

Il a ajouté : « Le peuple a le droit de descendre dans la rue et de renverser le gouvernement face au projet américano-israélien qui cible nos institutions. »

« La Palestine restera la boussole »

Le secrétaire général du Hezbollah a affirmé que « la Palestine restera notre boussole et nous resterons l’un de ses soutiens ». Il a ensuite demandé, de manière rhétorique : « Israël empêche la Flottille de la Liberté civile d’atteindre sa destination, alors où est le monde ? »

Évoquant l’agression contre l’Iran, le cheikh Naïm Qassem a déclaré : « Qu’a fait l’Iran pour justifier que l’Amérique et Israël le combattent ? »

Le cheikh Qassem a fait l’éloge de l’Iran, déclarant : « L’Iran est parvenu à humilier l’Amérique et Israël, et il est le seul à affronter la plus grande puissance tyrannique du monde », soulignant que « l’Iran deviendra une puissance exceptionnelle jouissant d’un rayonnement international vers lequel se tourneront tous les peuples libres du monde. »

Il a poursuivi : « Nous espérons que l’accord de cessation des hostilités sera pleinement mis en œuvre et que nous serons inclus dans cet accord. »

Le secrétaire général du Hezbollah a appelé Bahreïn à libérer les érudits et les citoyens détenus, arrêtés en raison de leurs convictions religieuses et politiques.

Source : Al-Manar