samedi, 11/07/2026   
   Beyrouth 00:28

Comment les USA œuvrent pour neutraliser l’article 5 du mémorandum d’entente sur le détroit d’Ormuz.

Le passage que le sultanant d'Oman a tenté d'établir à l'insu de l'Iran.

C’est autour de l’article 5 que les divergences d’interprétation auraient provoqué la récente escalade entre Iraniens et Américains autour du passage des navires dans le détroit d’Ormuz. Provoquant la deuxième escalade depuis la signature du mémorandum le 15 juin dernier.

Comme la première, elle n’a pas été causée par une imposition de péage, comme le font croire des responsables américains, mais par les tentatives de passer outre de l’autorisation de l’Iran.

Les Iraniens estiment que l’article 5 leur accorde le droit d’exiger que les navires obtiennent leur autorisation pour traverser le détroit, ce que les Américains refusent d’admettre. Et avec eux les monarchies du Golfe côtiers du détroit dont l’exportation du pétrole passe nécessairement par ce détroit.

Pourtant, l’article 5 s’adresse directement et spécifiquement à l’Iran pour prendre certaines dispositions afin de permettre le passage des navires. Ci-dessous le texte de cet article :

(( Dès la signature du mémorandum d’entente, la République islamique d’Iran prendra les dispositions nécessaires pour assurer, dans son intégralité et sans frais, le passage des navires commerciaux du Golfe à la mer d’Oman et vice versa, pendant une période de 60 jours seulement.

Le transport maritime commercial débutera immédiatement et, compte tenu de la nécessité de lever les obstacles techniques et militaires et de déminer la République islamique d’Iran, il sera activé dans un délai de 30 jours.

La République islamique d’Iran engagera un dialogue avec le Sultanat d’Oman afin de déterminer la future gestion et les services maritimes dans le détroit d’Ormuz, en concertation avec les autres États côtiers du Golfe et conformément au droit international applicable et aux droits souverains des États côtiers du détroit d’Ormuz.))

Dans la première partie, il concède à l’Iran d’accorder l’autorisation du passage sans frais, pendant une période de 60 jours, ce qui en découle que ces frais pourraient être imposés dans la période qui suit. Dans la troisième partie, il est question de la gestion de ce détroit également accordée à l’Iran, mais après un dialogue avec le sultanat d’Oman et des concertations avec les Etats concernés tout en prenant en considération les droit international. Sachant que Téhéran n’a pas ratifié la Convention de Montego Bay.

Dans tous les cas, aucun rôle n’est assigné aux Etats-Unis ce qui ne les a pas empêchés, depuis la conclusion de ce mémorandum, de s’employer à le vider de son contenu via des accords parallèles, et d’attribuer l’escalade qui en découle à l’Iran.

Cela a été le cas lors de la réunion que Marco Rubio a organisée à Manama, de concert avec les ministres des Affaires étrangères des pays du Conseil de coopération des pays du Golfe, le 25 juin. Ses conclusions ont refusé ce qui a été dicté dans l’article 5 sur la gestion du détroit d’Ormuz.

En même temps, le sultanat d’Oman qui y participait acceptait l’ouverture de passages alternatifs provisoires à proximité de ses côtes, à partir du 24 juin. Ce qui a irrité les Iraniens.  Provoquant la première escalade militaire vers le 28 juin.  Et la marine des Gardiens de la révolution de mettre en garde qu’elle ne permettra aucun passage nouveau sans coordination avec elle.

Fotrce est de constater que Washington avait fait de même pour la question libanaise, évoquée dans le premier article du mémorandum d’entente qui stipule l’arrêt des hostilités israéliennes et le retrait du sud-Liban. Sans tarder, le 26 juin, Marco Rubio parrainait un accord-cadre entre les autorités libanaises actuelles, qui sont désormais sous sa tutelle et l’entité sioniste dans lequel Beyrouth accorde à Tel Aviv la prérogative de décider de l’arrêt des agressions et du retrait de ses forces du sud du Liban. La rencontre qui dissociait via les autorités libanaises le dossier libanais des acquis de l’accord irano-américain. Le lendemain, l’ennemi israélien a mené une vague de raids sans précédents contre des dizaines de régions libanaises, tuant au moins 400 personnes.

Les Iraniens semblaient s’attendre à ce volte-face des dirigeants américains, devenu une constante de leur politique avec les Iraniens.   

Ce vendredi, le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Bagher Ghalibaf, a rapporté avoir dit au vice-président américain J-D Vance, lors de la conclusion du mémorandum que les Iraniens n’ont pas confiance en l’administration américaine.

« Quiconque veut négocier avec Trump doit se préparer à la guerre », a-t-il dit aussi lors de sa rencontre avec son homologue indonésien. « Tout le monde devrait savoir que ce conflit ne se terminera pas par la capitulation de l’Iran. Nous sommes prêts à la défense totale si les Américains trahissent l’entente ».

Mercredi, il avait souligné que « l’ère de l’intimidation et du chantage » était révolue.

Source : Divers