lundi, 25/05/2026   
   Beyrouth 11:19

Fête de la Libération : Aoun dit que « le Liban n’acceptera pas la réalité de l’occupation. L’option de la négociation n’est pas une concession »

Le président libanais, Joseph Aoun, a affirmé, ce lundi, à l’occasion de la Fête de la Résistance et de la Libération (25 mai), que le Liban n’acceptera pas la réalité de l’occupation et ne transigera pas avec elle, soulignant que la voie vers un retrait israélien complet restera « une exigence nationale constante et non négociable ».

Aoun a indiqué que la commémoration de la Libération intervient cette année alors que le Liban « ploie sous le poids d’une réalité douloureuse », car « les agressions israéliennes ne se sont pas arrêtées, et de chers villages du Sud gémissent encore sous le poids d’une occupation renouvelée, en violation flagrante de toutes les résolutions internationales, en premier lieu desquelles la résolution 1701 ».

« Une journée pour la dignité nationale unie »

Il a ajouté que le 25 mai de l’an 2000, « le Sud a écrit une épopée sans précédent lorsque l’occupation israélienne s’est retirée grâce à la résilience des enfants de cette terre et à leurs sacrifices, faisant du 25 mai une journée pour la dignité nationale unie. »

Aoun a estimé que l’État s’emploie à réaliser le retrait israélien complet à travers l’option de la négociation, dont il a dit qu’elle « ne sera ni une concession ni une reddition, mais plutôt une confirmation du droit exclusif du Liban à protéger sa terre, sa souveraineté et à déployer son autorité par le biais de son armée et de ses forces de sécurité légitimes ».

Il a ajouté que ce retrait se fera également grâce à « la solidarité du peuple et son rassemblement autour de son État, qui a pris des décisions cruciales dans ce sens, exprimant une volonté nationale de la plus haute importance pour restaurer la pleine souveraineté ».

Concernant l’armée libanaise, il a estimé qu’elle restera « le seul garant de la sécurité nationale et de l’intégrité territoriale ».

« Ils méritent un État fort et cohérent »

Aoun a rendu hommage à « ceux qui ont libéré le Sud de leur sang, militaires et résistants », déclarant qu’ils « méritent un État fort et cohérent par la légitimité de ses institutions civiles et militaires, juste par ses lois sans discrimination, et uni par la volonté de son peuple et sa solidarité ».

Aoun a considéré que la plus haute fidélité à la mémoire de la Libération consiste à « bâtir un État qui soit le rempart de tous les Libanais, et où la souveraineté soit un dépôt porté par chaque citoyen », confirmant ainsi que le Liban appartient à tous, et que « la libération du Sud est un devoir assumé par l’État avec le soutien de ses enfants », car elle est en définitive « une option incontournable ».

Foreign Policy: Les négociations affaiblissent le Liban

Dans ce contexte, le magazine US Foreign Policy a publié un rapport il y a quelques jours, dans lequel il critique le processus de négociations directes libano-israéliennes, affirmant « qu’il s’agit d’une trajectoire qui ne rapproche pas d’un cessez-le-feu effectif, mais pousse plutôt le pays vers davantage d’affaiblissement et d’escalade, à la lumière de la poursuite des raids israéliens sur le territoire libanais ».

De plus, la décision officielle du Liban fait face à un rejet populaire clair, étant considérée comme une concession menée par l’État parallèlement à la poursuite des agressions israéliennes sur son territoire, et plus particulièrement sur les terres du Sud.

Cheikh Qassem : Qu’a fait le gouvernement pendant un an et demi ?

Dimanche, le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a critiqué les concessions continues du gouvernement libanais jusqu’au 2 mars 2026 après sa criminalisation de la Résistance, l’appelant à revenir sur les décisions qu’il a prises à l’encontre de la Résistance afin d’être aux côtés de son peuple.

Cheikh Qassem a regretté l’absence de souveraineté politique au Liban, considérant qu’elle se trouve sous tutelle américaine, car « la souveraineté n’est pas seulement sécuritaire, elle est aussi économique, politique et sociale », se demandant : « Qu’a fait le gouvernement pendant un an et demi ? S’il est incapable de protéger la souveraineté, qu’il s’en aille ».

Continuité de la résistance…Les efforts iraniens pour un cessez-le-feu incluant le Liban

Entre-temps, la République islamique d’Iran poursuit ses efforts pour imposer un accord avec Washington mettant fin à la guerre sur tous les fronts, l’agence Tasnim ayant confirmé que « la prolongation du cessez-le-feu pour une durée de 60 jours » ne figure pas dans le protocole d’accord, mais que l’expression utilisée est « la proclamation de la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris le Liban ».

Parallèlement, la Résistance islamique au Liban continue de faire face aux agressions israéliennes, faisant ainsi des morts et des blessés dans les rangs des soldats de l’occupation sur le terrain, ce qui a conduit à des aveux clairs dans les journaux israéliens, affirmant que « le Hezbollah a aveuglé le commandement de la région Nord ».

Source : Médias