Quelques heures avant la signature du protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, la scène libanaise a été le témoin d’une série de positions indiquant que la situation s’apprête à connaître des complications si l’autorité de tutelle ne retient pas la leçon et ne revient pas à la raison. Ce qui ne semble pas être le cas jusqu’à présent.
En effet, le climat entourant les deux présidents Joseph Aoun et Nawaf Salam n’indique pas un recul de leur part par rapport à leur trajectoire visant à créer une discorde au Liban pour les beaux yeux de l’ennemi.
Des sources bien informées ont révélé qu’ils s’étaient mis d’accord, lors de leur dernière rencontre, non seulement sur le maintien du cadre de négociation actuel, mais aussi sur le fait de demander à la partie américaine de faire pression pour que le désarmement de la Résistance soit une condition pour avancer dans la mise en œuvre de l’accord et obtenir le retrait israélien total du Liban.
La situation étant claire pour tous, le secrétaire général du Hezbollah, Cheikh Naïm Qassem, a pris l’initiative de poser un cadre général pour ce que la Résistance accepte dans toute discussion ou négociation.
Tout en réaffirmant le refus des négociations directes, il a tranché en affirmant que tout ce qui est applicable ne peut sortir du cadre de l’accord du 27 octobre 2024, et que le dossier des armes de la Résistance n’est pas ouvert à la discussion.
Pendant ce temps, le président américain Donald Trump poursuivait ses « divagations », réitérant à nouveau qu’il avait demandé au président syrien Ahmad Al-Charaa d’entrer au Liban pour combattre le Hezbollah.
Il a indiqué qu’il recevrait le président Aoun avant la fin du mois à Washington, dans le cadre d’une série de rencontres qui devraient également inclure Al-Charaa et le chef du gouvernement irakien Ali Faleh Al-Zaidi, dans le contexte d’un projet visant à offrir à Trump une « image de réalisations » face à l’échec qui le poursuit en raison de la guerre perdue contre l’Iran.
Trump a annoncé mercredi qu’Aoun se rendrait aux États-Unis d’ici une semaine ou deux, affirmant que « Washington souhaite instaurer la paix au Liban ».
Il a déclaré que « la Syrie pourrait avoir un rôle à jouer dans l’instauration de la paix au Liban », estimant que « le président syrien fait du bon travail », tout en soulignant qu’« il faut régler le dossier du Hezbollah d’une manière ou d’une autre ».
Il a ajouté qu’Al-Charaa « aimerait aller combattre le Hezbollah au Liban », en référence à un rôle potentiel pour Damas dans la phase à venir.
Concernant ‘Israël’, il a déclaré qu’il avait « des divergences avec Benjamin Netanyahu au sujet du Liban, et que ce dernier pourrait se montrer plus tolérant et ne pas détruire un bâtiment à chaque fois qu’un membre du Hezbollah y pénètre ». Il a ajouté qu’« Israël peut faire mieux », estimant qu’« Israël ne devrait pas riposter à Beyrouth pour la chute de deux drones dans le désert ».
Source : Traduit à partir d'AlAkhbar