samedi, 27/06/2026   
   Beyrouth 12:21

Des responsables omanais à Bloomberg : « Il n’y a pas de retour possible à la situation antérieure dans le détroit d’Ormuz. »

L’agence Bloomberg a rapporté qu’Oman a informé les responsables européens qu’un retour au statu quo d’avant-guerre dans le détroit d’Ormuz n’est pas possible et que les navires en transit pourraient être tenus de payer certains frais à l’avenir.

Des responsables omanais ont déclaré à Bloomberg que le sultanat continuerait de respecter le droit maritime international, mais que des frais pourraient être imposés pour des services tels que le nettoyage du détroit ou l’assistance aux navires en navigation, bien qu’il ne soit pas encore clair si ces frais seront obligatoires.

Les sources ont ajouté qu’Oman étudie les systèmes de gestion du trafic maritime utilisés dans les points de passage maritimes stratégiques dans le monde entier, notamment le détroit de Malacca en Asie, où aucun droit de passage obligatoire n’est imposé au trafic maritime.

Cette tendance a suscité des inquiétudes aux États-Unis, en Europe et dans les pays arabes voisins du Golfe, qui craignent que Mascate, en coordination avec l’Iran, ne mette en place un système de taxes sur les navires traversant le détroit d’Ormuz.

Le président français Emmanuel Macron doit rencontrer le sultan d’Oman, Haïtham ben Tariq, lundi à Paris, dans le cadre des efforts internationaux visant à garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon la présidence française, les deux dirigeants aborderont « la sécurité des voies maritimes, qui dépend de la liberté de passage sans entrave dans le détroit d’Ormuz ».

Le détroit d’Ormuz est situé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, et constitue l’une des voies navigables les plus importantes au monde pour le transport du pétrole et du gaz naturel liquéfié.

On estime que l’imposition de taxes sur les navires pourrait coûter aux compagnies maritimes et aux négociants en matières premières des dizaines de milliards de dollars par an, tandis que les gouvernements des États-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis ont averti qu’une telle mesure violerait le droit maritime international.

Mascate avait envoyé des messages contradictoires concernant l’avenir du détroit ; mardi, le pays a publié une déclaration conjointe avec l’Iran confirmant qu’il discuterait du mécanisme de gestion du détroit et des coûts associés. Deux jours plus tard, il a signé une déclaration conjointe avec les États-Unis et les pays du Conseil de coopération du Golfe rejetant l’imposition de tout droit ou toute tentative de contrôle du détroit d’Ormuz.

Lors de sa visite à Bahreïn, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé la signature d’une déclaration stipulant « qu’il n’y aurait pas de frais ni de droits de transit.»

La plupart des gouvernements adhèrent au principe de libre passage dans le détroit d’Ormuz sans payer de droits de passage, le même principe qui s’applique à la plupart des voies maritimes naturelles partagées par plusieurs pays, comme le détroit de Malacca, géré conjointement par l’Indonésie, la Malaisie et Singapour, les droits de passage n’étant imposés que pour les services de navigation ou de sécurité demandés en cas de besoin

Source : Agence