vendredi, 10/07/2026   
   Beyrouth 18:19

Le député Hajj Hassan : l’assassinat du guide suprême a eu « l’effet inverse ». L’accord-cadre conclu par le Liban est « entièrement israélien »

Le chef du bloc parlementaire du Hezbollah de la région de Baalbek-Hermel, le député Hussein Hajj Hassan, a affirmé que les obsèques organisées en Iran pour le guide martyr l’ayatollah Ali Khamenei auxquels de millions de personnes ont participé ont montré que « l’objectif américano-israélien de son élimination a eu l’effet inverse de celui escompté ».

« Les principaux atouts de l’Iran résident dans l’unité entre le peuple et le pouvoir, ainsi que dans leur cohésion », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie d’hommage au commandant martyr Hussein Yassine, organisée dans la banlieue sud de Beyrouth.

Rappelant que les Israéliens et les Américains avaient parié, depuis l’assassinat de l’ayatollah Khamenei sur une révolte populaire provoquant la chute du pouvoir, il estime que « le martyre de l’Imam, le Guide suprême, s’est transformé en une source de force, et son sang en un symbole d’unité pour le peuple et le régime iranien. « 

Evoquant la récente guerre, le député Hajj Hassan a souligné que l’Iran avait menacé de fermer le détroit d’Ormuz avant le déclenchement d’une guerre le 28 février 2026, et qu’il a mis cette menace à exécution, avec succès. « Cette situation a engendré des conséquences très négatives pour l’économie américaine et mondiale. Ce facteur, parmi d’autres, a incité les États-Unis à entamer des négociations avec l’Iran et à signer un mémorandum d’accord », a-t-il ajouté.

Le député Hajj Hassan a souligné que « l’un des principes fondamentaux des négociations, partout dans le monde, est que le négociateur doit disposer d’atouts de poids. Or, les atouts du pouvoir libanais reposent sur sa dépendance envers les États-Unis et son amitié avec ce pays. C’est pourquoi ils ont entamé des cycles de négociations directes avec l’ennemi, pour aboutir à un accord ambigu. Comme l’a déclaré un responsable politique libanais, cet accord est tripartite dans sa forme et unilatéral dans son contenu : il est formellement libanais, américain et israélien, mais son contenu est entièrement israélien ».

 Il a ajouté : « Cet accord a été dicté par les États-Unis à Israël et au pouvoir libanais, qui n’a aucune expérience en matière de négociation et de relations internationales, et dont le seul souci est de se maintenir au pouvoir. »

Le député Hajj Hassan a déclaré que lors de la signature de l’accord entre les États-Unis et l’Iran, les responsables et les médias israéliens l’ont qualifié de désastre. En revanche, lorsque les autorités libanaises ont signé l’accord avec Israël, les responsables et les militaires israéliens ont affirmé qu’il s’agissait d’une réussite pour Israël, exprimant ainsi leur opinion sur cet accord. Le constat est donc clair : ce que l’Iran a apporté au Liban est positif, tandis que ce que les autorités ont apporté au Liban est négatif.

Le député Hajj Hassan a souligné que le pouvoir en place au Liban ne peut prétendre représenter le peuple actuellement, car il ne représente qu’une partie des Libanais. Il ne s’agit pas ici de l’entourage du Hezbollah et du mouvement Amal, mais plutôt des importantes forces politiques qui s’expriment désormais dans les médias au sujet de cet accord dont se vantent les dirigeants.

Le député Hajj Hassan a souligné que les dirigeants au pouvoir ont bafoué le serment d’allégeance à l’unité du peuple libanais qu’ils avaient prêté, en conditionnant le cessez-le-feu, le retrait de l’ennemi, le retour des déplacés, la libération des prisonniers et la reconstruction à l’approbation israélienne.

« Ainsi, chaque fois qu’un Libanais souhaite quitter un quartier, l’armée israélienne se voit en droit, selon cet accord honteux, de prétendre que l’armée libanaise n’a pas rempli ses obligations et d’imposer des conditions empêchant les habitants de retourner dans leurs villages, conformément à la conception même de l’accord », a-t-il déploré.

Il a aussi condamné la décision des autorités libanaises de lier la libération des prisonniers libanais détenus par l’ennemi israélien a l’affaire de Ron Arad, l’aviateur israélien dont l’appareil avait échoué sur le sol libanais, pendant une mission violant l’espace aérien, et dont le sort depuis demeure inconnu.

« Le pire c’est qu’ils menacent la résistance et sa population de recourir à des forces étrangères pour les aider à la désarmer, alors même que ces forces étrangères ne parviendront pas à désarmer la résistance », a-t-il conclu.

Source : Al-Manar