lundi, 27/07/2026   
   Beyrouth 16:08

« Israël » : 600 ex-responsables militaires, sécuritaires et politiques lancent un appel à Trump contre le terrorisme des colons en Cisjordanie

Environ 600 ex- anciens hauts responsables de l’armée israélienne, du Mossad, du Shin Bet et du ministère des Affaires étrangères ont lancé un appel urgent au président américain Donald Trump pour qu’il mette fin « aux activités terroristes des colons juifs » en Cisjordanie occupée.

Selon le quotidien israélien Yediot Ahronoth, cette demande est apparue dans une lettre adressée à la Maison Blanche dimanche soir, à la veille de la rencontre entre Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Les signataires qui appartiennent à l’organisation « Leaders pour la sécurité d’Israël » y demandent au président américain d’intervenir personnellement et de faire pression sur Tel Aviv pour que les violences cessent, soulignant que « le terrorisme est le terrorisme ».

« Monsieur le Président, vous seul pouvez empêcher cette catastrophe. Nous espérons sincèrement que vous profiterez de votre prochaine rencontre avec notre Premier ministre pour lui adresser un message fort et clair à ce sujet », ont-ils souligné.

Cette organisation  se présente comme le plus grand mouvement en Israël, regroupant des généraux et des officiers de réserve, ainsi que d’anciens hauts responsables du Mossad, du Shin Bet, de la police, du Conseil national de sécurité et du ministère des Affaires étrangères.

Elle compterait environ 600 membres, qui soutiennent la séparation sécuritaire d’avec les Palestiniens et la progression vers une solution à deux États dans un cadre régional.

Dans la lettre, ces membres estiment que la poursuite des violences et des politiques visant à « étrangler l’Autorité palestinienne, économiquement et par d’autres moyens », détruiront la sécurité d’Israël, compromettront toute la stabilité régionale et feront échouer les initiatives diplomatiques promues par Trump.

La lettre évoque également les répercussions des événements actuels, avertissant que la violence des colons pourrait entraver la mise en œuvre du plan en 20 points de Trump sur la bande de Gaza, contrecarrer son ambition d’étendre les « accords d’Abraham » et même inciter les États signataires à reconsidérer leurs relations avec Israël.

Elle a ajouté : « Ce programme menace de compromettre la sécurité d’Israël, de nuire aux intérêts américains et de déstabiliser la région. »

La lettre n’était pas réservée à la Maison-Blanche ; elle était également adressée à des personnalités influentes du cercle rapproché de Trump, notamment son gendre Jared Kushner et son envoyé spécial Steve Witkoff.

Parmi ses signataires figuraient d’éminents responsables de la sécurité, dont l’ancien chef du Mossad Danny Yatom, l’ancien chef du Shin Bet Ami Ayalon et le général de division (à la réserve) Matan Vilnai, qui fut chef d’état-major adjoint et vice-ministre de la Défense.

Ils ont également accusé des membres du gouvernement de Netanyahu de promouvoir directement la violence des colons, écrivant : « Nul n’ignore que certains membres de notre gouvernement actuel orchestrent une grande partie de ce chaos », se basant sur le fait que ces ministres protègent leurs partisans, qu’ils décrivent comme « armés et motivés par des convictions religieuses », ce qui entrave de fait l’application de la loi à leur encontre.

Selon les signataires, cette réalité place les forces de sécurité face à un dilemme quasi impossible : soit agir conformément à leur jugement professionnel et à leur devoir – ce qui exige une application ferme de la loi –, soit obéir aux instructions des dirigeants politiques, comme l’exige un « système démocratique ».

La lettre expliquait également que les services de sécurité israéliens sont compétents pour gérer le Mouvement de résistance islamique ( Hamas ) et d’autres organisations palestiniennes en Cisjordanie occupée, mais sont incapables de lutter efficacement contre le terrorisme juif dans cette région.

En conclusion, les hauts responsables ont exhorté Trump à ne pas considérer leur avertissement comme un scénario théorique, ajoutant que « la tendance est claire et les preuves sont claires. Ne soyons pas surpris une fois de plus par un autre 7 octobre. »

Depuis la formation du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahu en 2022, les attaques de colons contre la Cisjordanie occupée ont connu une hausse très importante, dans le cadre de la politique destinée à expulser les Palestiniens en vue de l’annexer.

Source : Médias