lundi, 31/08/2026   
   Beyrouth 18:07

Xi, Pezeshkian, Erdogan, Modi, Sharif et Poutine en sommet de l’OCS au Kirghizstan

Les présidents chinois Xi Jinping, iranien Massoud Pezeshkian et russe Vladimir Poutine participent lundi au Kirghizstan, en Asie centrale, à un sommet d’un bloc régional qui entend contrebalancer l’influence occidentale mais dont plusieurs États membres traversent des crises majeures.

Le chef de l’Etat turc Recep Tayyip Erdogan, ainsi que les Premiers ministres indien Narendra Modi et pakistanais Shehbaz Sharif sont aussi présents à Bichkek, la capitale kirghize, pour le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) qui se déroule jusqu’à mardi.

L’OCS est une organisation en plein essor regroupant dix États (Bélarus, Chine, Inde, Iran, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Pakistan, Tadjikistan), censée faire contrepoids aux Occidentaux, avec un accent mis sur les questions sécuritaires et économiques.

Outre la session plénière sous l’égide du président kirghiz Sadyr Japarov, une rencontre bilatérale est notamment prévue entre MM. Poutine et Pezeshkian, dans le contexte d’une coopération russo-iranienne croissante.

Le chef de l’Etat russe doit aussi s’entretenir séparément avec les dirigeants chinois, indien et turc, selon le Kremlin.

L’OCS a pris un nouvel élan ces dernières années sous l’impulsion de Pékin et de Moscou, sur fond de rapprochement russo-chinois.

Le groupe compte désormais, outre ses dix membres, quinze partenaires de dialogue, dont la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, ainsi que deux Etats observateurs, dont l’Afghanistan.

La déclaration fondatrice de l’OCS assure que cette organisation « n’est pas une alliance dirigée contre d’autres États ».

Mais les présidents russe et chinois se servent régulièrement de ces sommets pour montrer leur union et mettre en avant leur vision d’un monde multipolaire, visant à contrer l’hégémonie américaine qu’ils dénoncent.

Un bloc hétérogène

Ce sommet a lieu à un moment où plusieurs États membres de l’OCS sont impliqués dans des guerres ouvertes : l’invasion russe de l’Ukraine, dont le règlement après quatre ans et demi de combats est dans l’impasse, et l’offensive israélo-américaine contre l’Iran déclenchée en février.

D’autres Etats membres sont aussi engagés dans des conflits commerciaux, avec en particulier des droits de douane imposés par les Américains sur les produits chinois et indiens.

Fin août, le gouvernement américain a en outre pris des sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de l’Iran sur l’or, les technologies, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime, censées asphyxier le pouvoir iranien.

Washington a par ailleurs menacé les alliés de Téhéran. La Chine, un grand importateur de pétrole iranien, a prévenu qu’elle « défendrait fermement » ses intérêts.

La Russie est également un important partenaire de l’Iran et a intensifié sa coopération militaire et commerciale avec lui.

Ce pays, qui fait face à des sanctions américaines et internationales depuis la révolution islamique de 1979, affirme régulièrement que les pressions économiques et les menaces ne le feront pas plier.

Les retombées concrètes de la participation à l’OCS sont incertaines car, si l’OCS revendique de regrouper environ 40% de la population mondiale et 25% du PIB de la planète, ce bloc reste hétérogène et des dissensions existent entre ses membres.

La Russie et la Chine sont par exemple des concurrents économiques en Asie centrale, tandis que Pékin entretient des relations parfois tendues avec l’Inde et le Pakistan.

Source : Avec AFP