Cinquante-six organisations américaines de défense des droits de l’homme et des droits civiques ont appelé le Congrès à supprimer une disposition de la loi d’autorisation de la défense nationale de 2027 qui élargirait la coopération militaire et technologique entre les États-Unis et Israël, avertissant qu’une intégration plus poussée entre les industries de défense des deux pays pourrait aggraver les risques pour les intérêts américains.
Une lettre consultée par Reuters a montré que les organisations, parmi lesquelles Amnesty International USA et la National Bar Association ainsi que des groupes de défense des droits des Arabes et des Juifs, ont fait appel aux présidents des commissions des forces armées de la Chambre et du Sénat pour supprimer ce que l’on appelle « l’article 219 » du projet de loi.
Cette disposition vise à renforcer la coopération entre les secteurs de la défense américain et israélien en accélérant le développement de technologies militaires communes et en établissant des cadres pour des projets de production et de développement conjoints et des accords de licences industrielles aux États-Unis en coopération avec des entreprises israéliennes.
Dans leur lettre, les organisations ont déclaré qu’« une intégration plus poussée avec le secteur de la défense israélien serait extrêmement dangereuse », estimant que la création de liens supplémentaires entre Israël et le système technologique de défense américain intervient à un moment où les intérêts des deux pays divergent de plus en plus et où l’opinion publique américaine se tourne vers l’opposition à un soutien inconditionnel à Israël.
La Chambre des représentants a adopté le projet de loi en juillet, et celui-ci est actuellement en attente d’un vote au Sénat.
Le mouvement pour les droits de l’homme intervient dans un contexte de net déclin du soutien public américain à Israël depuis le début de la guerre génocidaire à Gaza en 2013, notamment au sein du Parti démocrate.
Un sondage de l’université Quinnipiac réalisé en juin a montré que 48 % des électeurs américains et 66 % des démocrates estiment que Washington apporte un soutien excessif à Israël, contre respectivement 16 % et 20 % lorsque la question a été posée pour la première fois en 2017.
La scène politique américaine est également témoin de la montée en puissance de candidats démocrates plus critiques envers Israël, tandis qu’un certain nombre de législateurs modérés sont de plus en plus disposés à revoir les politiques de soutien américaines traditionnelles à son égard.
La lettre critique ce qu’elle décrit comme des violations potentielles du droit international humanitaire pendant la guerre à Gaza, ainsi que l’escalade de la violence des colons contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, estimant que ces développements devraient empêcher toute mesure visant à renforcer les liens militaires entre Washington.
Source : Médias
