vendredi, 04/09/2026   
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France : le RN veut interdire le voile dans l’espace public, mais pas la kippa. « Foulard pour tous », campagne de riposte numérique

Le Rassemblement national (RN) entend interdire le port du voile islamique dans l’espace public en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027 mais pas la Kippa.

Le parti prévoit également de sanctionner les contrevenantes par une amende, selon le député RN Jean-Philippe Tanguy.

Interrogé sur Franceinfo, il a répondu que la proposition visait uniquement le voile et non la kippa.

Cette position marque une évolution par rapport à celle défendue par Marine Le Pen en 2012. À l’époque, elle souhaitait interdire dans l’espace public les signes religieux ostensibles, citant notamment le voile et la kippa, au nom de l’application stricte de la laïcité.

Pour justifier cette différence, Laurent Jacobelli a affirmé que le voile serait devenu, selon lui, « un symbole d’un islamisme conquérant ». Il a également estimé que le contexte avait changé depuis 2012 et que le voile constituait désormais un « élément de revendication ».

La proposition du RN a suscité des critiques de plusieurs responsables politiques et organisations. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a notamment condamné le projet et appelé à ne pas « mettre des cibles dans le dos des musulmans ».

Foulard pour Tous, une campagne numérique

Les réactions indignées se sont multipliées sur la scène française.

Un mouvement populaire et spontané a émergé sur les réseaux sociaux sous le hashtag #FoulardPourTous « Le hijab est pour tout le monde », avec une large participation de militantes et de femmes non musulmanes qui ont déclaré leur solidarité directe avec les femmes musulmanes en France.

Elles ont publié des photos et des vidéos d’eux-mêmes portant le voile, tandis que d’autres ont utilisé des techniques d’intelligence artificielle pour créer des images de solidarité, soulignant que la solidarité avec les citoyens musulmans est le moyen direct de lutter contre le racisme.

De nombreuses participantes ont également annoncé leur intention de porter le voile quotidiennement dans les rues si l’extrême droite accède au pouvoir, dans le but de lancer un mouvement de désobéissance civile généralisée qui rendrait l’application de la loi impossible et inapplicable sur le terrain.

Lors d’une précédente interview télévisée entre Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national, et le député européen François Calvo-Philippe, ce dernier a placé le parti dans une situation délicate sur le plan juridique et procédural en demandant comment distinguer un voile islamique, catholique, juif ou celui porté par une femme atteinte d’un cancer.

Calvo-Philippe a souligné que cette discrimination revient à punir les femmes en fonction de leurs origines ou de leurs traits physiques, insistant sur le fait que toute tentative d’imposer cette interdiction se heurterait à un rejet social massif et à des campagnes de port du voile de masse qui rendraient la mesure totalement inapplicable.

Côté officiel, la porte-parole du gouvernement, Maud Brégon, a déclaré qu’il existait de « claires réserves » concernant cette proposition, soulignant que tout débat sur les symboles religieux dans l’espace public soulève également la question de l’égalité de traitement des différentes religions, selon Libération.

La gauche a rapidement dénoncé la proposition, Jean-Luc Mélenchon la qualifiant de « méprisable » et affirmant que la laïcité française repose sur la garantie de la liberté de conscience et de croyance, et non sur l’interdiction faite aux citoyens d’exprimer leurs convictions dans l’espace public.

Le candidat socialiste Raphaël Glucksmann a pour sa part affirmé vendredi que respecter la laïcité ne consiste pas à faire « la police des vêtements », en accusant le Rassemblement national de vouloir « relancer les fièvres identitaires » en proposant l’interdiction du port.

Source : Médias