jeudi, 16/04/2026   
   Beyrouth 07:53

Netanyahu ne veut pas arrêter la guerre… et cherche désespérément une « image de victoire » à Bint Jbeil

Le Liban a accueilli avec une grande prudence les fuites concernant une possible annonce de cessez-le-feu par le gouvernement ennemi.

Alors que les cercles du président Joseph Aoun se sont empressés de faire fuiter des informations sur des pressions américaines exercées sur ‘Israël’ à la demande du Liban — en lien avec la réunion tenue il y a deux jours à Washington entre l’ambassadrice libanaise et l’ambassadeur de l’entité sous parrainage américain — les médias occidentaux et israéliens ont indiqué que la pression américaine vise à imposer une trêve d’une semaine, sans lien direct avec la rencontre de Washington, mais plutôt avec les discussions en cours dans la région.

Cependant, les données disponibles jusqu’à mercredi soir montrent que Tel-Aviv a rejeté la demande américaine d’inclure le Liban dans la trêve conclue avec l’Iran, reflétant une volonté de l’ennemi de poursuivre l’escalade militaire.

Dans ce contexte, le quoitdien Al-Akhbar a appris que l’ambassadrice Nada Moawad a envoyé un rapport succinct à la présidence du gouvernement et au ministère des Affaires étrangères, tandis qu’elle a réservé au palais présidentiel un rapport détaillé contenant des données supplémentaires.

Selon des sources informées, Moawad a rapporté une position explicite de l’ambassadeur israélien : le cessez-le-feu ne sera pas réalisé avant une évolution qualitative sur le front iranien, soulignant à plusieurs reprises que le cours de la guerre au Liban reste lié à ce qui se passe entre Washington et Téhéran.

Avec la demande des États-Unis au gouvernement ennemi de s’engager dans une trêve courant jusqu’à mercredi prochain, il est apparu clairement que le débat interne en ‘Israël’ est complexe.

Des conditions attribuées à l’armée israélienne ont fuité, notamment la non-limitation de sa liberté de mouvement sur tout le territoire libanais durant toute trêve, et le refus de tout retrait du Sud avant que le Liban ne commence le désarmement du Hezbollah. Ces conditions reflètent une orientation concrète vers une prolongation de la guerre.

Dans ce cadre, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu continue de chercher à obtenir une « image de victoire », fixant des objectifs de terrain symboliques, dont l’accès au stade de la ville de Bint Jbeil et l’imposition d’un contrôle total sur cette ville.

Mercredi, il a rappelé les propos tenus par le martyr Sayed Hassan Nasrallah au même endroit il y a 26 ans, lorsqu’il avait qualifié ‘Israël’ de « plus fragile qu’une toile d’araignée ».

Bint Jbeil : Un nœud d’usure

Dans le cadre de l’escalade organisée, la Résistance a poursuivi ses opérations à des niveaux variant entre ripostes localisées, affrontements terrestres directs et pressions par missiles sur les colonies.

Bint Jbeil est restée le centre de gravité où se concentrent les tentatives d’avancée israéliennes.

Les nouvelles du terrain ont reflété l’échec de l’ennemi à contrôler et à se stabiliser à l’intérieur de la ville, malgré l’engagement d’unités d’élite pour tenter de l’infiltrer par plusieurs axes, notamment à travers la localité de Maroun al-Ras.

Ces tentatives ont fait face à un mode de combat complexe, mêlant embuscades rapprochées et frappes nourries.

Les opérations menées montrent que la Résistance ne se contente pas de cibler les forces en progression, mais élargit le cercle des affrontements pour inclure les lignes d’approvisionnement et d’évacuation, transformant toute avancée en un risque doublé.

Ainsi, la Résistance a enregistré des dizaines de blessés dans les rangs des soldats ennemis, qui ont reconnu que cinq d’entre eux ont été grièvement atteints.

Dans ce contexte, une intensité de feu remarquable a été notée, avec des dizaines de salves de missiles vers les rassemblements de forces israéliennes à l’intérieur de la ville et à ses abords, ainsi que le ciblage de véhicules de génie et militaires, dont des bulldozers et des chars.

Ce schéma reflète l’adoption de la tactique de « saturation par le feu » pour empêcher la stabilisation des positions, parallèlement à l’introduction de drones d’attaque comme élément décisif pour frapper des cibles précises et paralyser le mouvement des troupes.

En parallèle, les contours d’un large front de soutien se dessinent pour saper les capacités israéliennes appuyant l’opération terrestre.

Les attaques ont touché des sites militaires et des bases constituant des pivots essentiels dans la gestion des opérations, ainsi que le ciblage des positions d’artillerie qui fournissent la couverture de feu aux troupes progressant.

Des tentatives claires pour limiter la supériorité aérienne israélienne ont également émergé, à travers l’interception de drones et d’hélicoptères, imposant des défis supplémentaires à l’efficacité du soutien aérien.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar