mercredi, 22/04/2026   
   Beyrouth 13:04

Institut US Cato: La guerre iranienne révèle la vulnérabilité des bases avancées américaines

L’institut américain Cato a rapporté que les missiles et les drones iraniens ont frappé au moins 12 bases américaines, parmi lesquelles le quartier général de la Cinquième Flotte à Bahreïn et la base aérienne d’Al Udeid au Qatar.

L’Iran révèle la fragilité des bases américaines

L’institut a révélé que « la fragilité de ces bases a atteint un point tel que le Pentagone a ordonné à de nombreux personnels déployés de passer au travail à distance ». Comme l’a rapporté le New York Times : « Plusieurs des treize bases militaires de la région utilisées par les forces américaines sont devenues quasi inhabitables ».

L’institut estime que « l’ampleur des dommages causés aux bases américaines ailleurs dans la région, et la capacité de l’Iran à poursuivre ses frappes pendant six semaines, devraient pousser à une réévaluation plus large ».

Il a souligné que l’Iran a réussi à rester dans le combat, à maintenir ses attaques et à pousser les États-Unis à recourir à la diplomatie, ajoutant : « Malgré les vantardises du secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, sur la frappe de milliers de cibles iraniennes, la guerre n’a pas été tranchée ».

L’une des raisons cruciales avancées est la proximité géographique de l’Iran.

Et de noter : « la fermeture précoce et continue du détroit d’Ormuz par l’Iran, et ses répercussions rapides sur les marchés mondiaux de l’énergie et de la finance, a donné à Téhéran un moyen de pression capital qui a contraint Washington à s’asseoir à la table des négociations ».

« La capacité de l’Iran à continuer d’infliger des dommages militaires a également été importante. Plus important encore, le déploiement de près de 40 000 soldats américains dans de grandes bases militaires proches du Golfe a offert à l’Iran un ensemble de cibles tentantes », a-t-on renchéri de même source.

Il a confirmé la mort de 6 soldats américains dans des frappes visant des bases au Koweït. De même, des frappes sur la base aérienne Prince Sultan en Arabie Saoudite ont entraîné la destruction d’un avion d’alerte précoce de type « E-3 Sentry » et endommagé ou détruit plusieurs avions ravitailleurs.

Où se trouvent les vulnérabilités américaines similaires ?

L’institut US souligne qu’au cours des combats, les États-Unis ont mis fin à leur déploiement de dix ans en Syrie, s’interrogeant : « Quel est le degré de dissuasion et la valeur opérationnelle que les États-Unis tirent d’une infrastructure militaire pouvant être ciblée même par les forces militaires d’un État de puissance moyenne ayant subi une forte dégradation ? Et si ces bases ne peuvent soutenir des guerres dans la région, pourquoi existent-elles au fond ? ».

Il reconnaît qu’il existe « une vulnérabilité similaire dans la zone Indo-Pacifique, où environ 80 000 soldats américains sont déployés dans une vingtaine de grandes bases — dont beaucoup sont à des distances de la Chine comparables à celles séparant les bases du Moyen-Orient de l’Iran ».

Il est probable que l’arsenal de missiles de la Chine soit de taille similaire au stock de l’Iran avant la guerre (environ 3 000 missiles), mais il est bien plus diversifié et sophistiqué. De plus, les systèmes de ciblage spatiaux les rendraient plus précis, tandis que l’immense capacité industrielle de la Chine lui permettrait de reconstruire rapidement son arsenal pendant un conflit.

Quelles bases américaines sont exposées ?

L’institut prévient que les bases américaines en Corée du Sud et sur la première chaîne d’îles sont vulnérables au point de pouvoir provoquer une instabilité lors de crises, la Chine ayant intérêt à porter un premier coup en cas de crise avant que les forces américaines ne puissent quitter leurs bases.

Il précise : « Le Pentagone a répondu à ce problème en prévoyant de répartir certaines forces américaines sur des bases plus petites et plus austères avant tout conflit. Cependant, le rôle traditionnel de longue date des grandes bases avancées, que ce soit pour les opérations ou comme symbole de rassurance pour les alliés régionaux, reste difficile à dépasser ».

Et de conclure: « La Chine possède un arsenal nucléaire important et croissant, il est donc probable que les États-Unis soient moins enclins à entrer dans une guerre directe avec elle par rapport à ce qui s’est passé avec l’Iran. Néanmoins, les décideurs de la défense américaine doivent planifier les pires scénarios. Les dix derniers mois de conflit avec l’Iran devraient susciter des interrogations plus vives sur l’objectif des bases avancées et la théorie sur laquelle repose leur utilisation dans tout conflit futur ».