jeudi, 30/04/2026   
   Beyrouth 22:57

Pourquoi les USA voudraient-ils déployer le missile hypersonique Dark Eagle  ?

Le CENTCOM envisage de déployer des missiles hypersoniques destinés à être utilisés contre l’Iran, notamment le Dark Eagle, considéré comme l’un des missiles les plus importants, a rapporté l’agence Bloomberg.

Selon le chroniqueur militaire de la chaine qatarie Al Jazeera, le général à la retraite Hassan Jouni, ce missile est encore au stade expérimental et représente donc davantage un gain de puissance de feu qu’un changement qualitatif, car il atteint une portée de 3 000 kilomètres et se déplace à une vitesse prodigieuse.

Développé par Lockheed Martin, ce missile testé pour la première fois en avril 2025 est capable de voler à plus de 5.000 km/h, ce qui le met à l’abri de n’importe quel projectile d’interception.

Il peut être utilisé pour cibler l’intérieur de l’Iran, en particulier la région nord-est qui abrite des plateformes de missiles, selon Jouni qui a souligné que le recours à ce type de missile servirait peut-être à contrer une nouvelle arme acquise par Téhéran.

Les Gardiens de la révolution ont menacé récemment de recourir à « une action militaire sans précédent en riposte à la piraterie navale américaine ».

Pendant l’agression contre l’Iran, leurs défenses aériennes avaient réussi à empêcher la pénétration des missiles PRISM d’une portée allant jusqu’à 500 kilomètres. Ils avaient aussi réussi à abattre au cours des derniers jours précédant la trêve, des chasseurs F-15 et A-10.

L’utilisation de missiles hypersoniques dans une éventuelle attaque serait aussi une tentative d’épargner le recours aux avions de chasse, estime Jouni, selon lequel « le missile Dark Eagle représente une arme à long terme dans cette bataille » mais les avions de chasse le sont davantage à condition que les États-Unis bénéficient d’une supériorité aérienne totale sur le ciel iranien.

Alors que les négociations américano-iraniennes se heurtent à des obstacles importants du fait de l’intransigeance des deux parties, Washington a déployé trois porte-avions dans la région : l’USS George H.W. Bush, l’USS Abraham Lincoln et l’USS Gerald R. Ford. Ces navires embarquent 15 000 soldats, 200 avions de chasse et hélicoptères, et sont accompagnés de 12 navires de guerre.

Selon Axios, citant des sources, le Commandement central présentera au président Donald Trump un scénario d’opération militaire pouvant inclure le contrôle partiel du détroit d’Ormuz, un débarquement de troupes au sol ou le ciblage de nouvelles infrastructures.

Selon Jouni, ces renforts laissent penser que les États-Unis pourraient privilégier l’un des trois scénarios suivants de le contraindre à faire des concessions lors des négociations : le premier scénario consiste à maintenir et renforcer le blocus naval afin d’empêcher les navires iraniens de le contourner, dans le but d’asphyxier l’Iran ; le second serait une frappe forte et douloureuse contre les infrastructures, les centres énergétiques et certains ponts, afin de confirmer l’existence d’une intention de nuire et le troisième consisterait à effectuer des débarquements terrestres limités sur les îles de Kharg ou de Lark, et éventuellement sur l’île de Qeshm surplombant le détroit d’Ormuz.

Jouni estime que le renforcement militaire américain massif laisse également entrevoir la possibilité de mener une frappe aérienne depuis la mer sans recourir à une opération terrestre.

L’offensive terrestre américaine qui avait eu lieu à Ispahan avait contraint les forces américaines de détruire quatre appareils impliqués dans l’opération, pris sous les feux des forces iraniennes.

Ce jeudi, le commandant des forces navales de l’armée iranienne, l’amiral Shahram Irani, a déclaré que l’armée « montrera très prochainement des capacités de combat avancées dans le domaine naval » ajoutant que « les ennemis verront sous leurs yeux cette arme qui les terrifiera. »

Source : Médias