mercredi, 08/07/2026   
   Beyrouth 07:53

Après les frappes américaines, l’Iran menace de riposter : « les USA veulent déchirer le mémorandum d’entente »

Le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé mercredi que les Etats-Unis ont violé le protocole d’accord entre les deux pays et annoncé une riposte après les frappes américaines près du détroit d’Ormuz.

« L’Iran adresse un sérieux avertissement quant aux conséquences de la violation du traité par les États-Unis et prendra des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité nationale », a déclaré le ministère dans un communiqué publié sur Telegram par la télévision d’Etat (Irib).

Dans la nuit de mardi à mercredi, les Etats-Unis avaient lancé une série de frappes contre l’Iran et rétabli leurs sanctions économiques sur le pétrole iranien, affirmant répondre ainsi aux tirs sur des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz.

Selon la chaîne d’information IRIB, six explosions ont été entendues sur l’île iranienne de Qeshm, sept dans la ville de Sirik et d’autres encore dans la grande ville portuaire de Bandar Abbas (sud). La télévision d’Etat iranienne a assuré qu’aucune cible frappée n’est militaire.

Dans la journée de mardi, l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO avait rendu compte que trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d’Ormuz. Le Qatar et l’Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l’Iran. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaïl Baghaï a, de son côté, dénoncé une mise en cause « inacceptable » de la part du Qatar.

L’Iran et les Etats-Unis ont signé le 17 juin un protocole d’accord pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l’offensive américano-israélienne contre Téhéran.

Ce texte prévoit notamment la réouverture pour une période de 60 jours du détroit d’Ormuz – par où transitent en temps normal 20% du brut et du GNL mondial. Sa fermeture par Téhéran en riposte à la guerre américano-israélienne menée contre l’Iran avait fait vaciller l’économie mondiale et flamber les prix. Le texte prévoit aussi la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.

En dépit du refus américain, l’Iran exclut dans le texte tout retour à la situation d’avant-guerre, quand le passage du détroit était gratuit, et menace les navires tentés de contourner le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a révélé que certains navires commerciaux empruntent des voies sans coordination préalable avec l’Iran, tout en désactivant ou en altérant le dispositif de suivi du navire ou le système AIS, dans le but de soustraire le navire aux systèmes de surveillance et de sécurité.

Le QG Khatam al-Anbiya du Corps des gardiens de la révolution islamique a déclaré qu’il ripostera avec force à l’agression américaine et ne permettra pas aux Etats-Unis de s’immiscer dans les affaires et la gestion du détroit d’Ormuz.

« Déchirer le mémorandum »

Le général de division Mohsen Rezaei, conseiller militaire du Guide suprême de la révolution islamique en Iran, a déclaré qu’il était assez clair que les États-Unis œuvrent pour faire échouer les négociations en cours.

Rezaei a ajouté qu’il s’attend à ce que Washington déchire le « Mémorandum d’entente » dans les faits, comme il l’avait fait précédemment avec l’accord nucléaire.

Selon lui, les États-Unis cherchent à maintenir leur présence dans le sud du détroit d’Ormuz, ce qui leur permettrait à terme de faire passer leurs navires de guerre.

 Il a souligné que « la vengeance essentielle que représente le départ des États-Unis de la région doit inévitablement être accomplie, afin que notre voie du progrès reste ouverte »

Un responsable gouvernemental américain a déclaré sous le couvert de l’anonymat que « les agissements de l’Iran dans le détroit sont totalement inacceptables aux yeux des Etats-Unis et ne resteront pas impunis ». Le ministère des Finances avait auparavant publié un document interdisant les « nouvelles transactions » d’hydrocarbures iraniens à compter de mardi.

Dans ce contexte de tensions, le cours du baril de pétrole américain WTI avançait de 2,63% à 72,29 dollars à l’ouverture des marchés asiatiques.

Les sirènes d’alerte aérienne ont retenti mercredi à Bahreïn, a indiqué le ministère de l’Intérieur, sans donner davantage de détails. « Les citoyens et les résidents sont invités à rester calmes et à se rendre vers l’abri le plus proche. »

Source : Divers