vendredi, 11/09/2026   
   Beyrouth 07:23

Vance révèle avoir reçu une évaluation militaire inquiétante sur les armes américaines dans la guerre avec l’Iran

Le journal New York Times a révélé que le vice-président américain JD Vance a établi des contacts directs avec de hauts responsables militaires américains afin d’obtenir des évaluations précises et « non édulcorées » concernant la guerre contre l’Iran.

Selon le journal, qui s’appuie sur des entretiens menés avec plus de six responsables actuels et anciens (ayant requis l’anonymat en raison de la sensibilité des informations), Vance — principal opposant à la guerre depuis son déclenchement et chargé par le président Donald Trump d’aider à y mettre fin — a cherché à entendre directement sur le terrain les évaluations « non édulcorées » des commandants eux-mêmes, avant qu’elles ne soient formulées dans le cadre de la vision officielle du Pentagone.

D’après ces sources, Vance a communiqué directement au cours du printemps et de l’été avec l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central américain, et l’amiral Samuel Paparo, commandant du Commandement américain pour la région Indo-Pacifique, ainsi qu’avec des officiers en Europe et en Asie. Ces deux dernières régions ne participent pas directement à la guerre contre l’Iran, mais leurs stocks d’armes et d’équipements ont diminué pour soutenir les opérations au Moyen-Orient.

Des sources du New York Times ont indiqué que ces échanges ont porté sur les objectifs de la guerre, ses tactiques, les estimations des pertes, ainsi que sur les actions potentielles de l’Iran dans le détroit d’Ormuz, le degré d’évolution de sa capacité d’adaptation et l’ampleur des dommages que son gouvernement peut tolérer. Vance a également demandé une présentation détaillée des armes restantes dans les stocks des forces américaines et de l’impact de leur transfert vers le Moyen-Orient.

Selon les responsables, les chefs militaires ont exprimé ouvertement leur inquiétude face à la baisse drastique des stocks de missiles d’interception « Patriot », qui constituent la colonne vertébrale des défenses aériennes américaines. Ils ont également affirmé que les stocks d’autres munitions essentielles, notamment les missiles destinés aux systèmes « ATACMS », ont atteint leurs niveaux les plus bas jamais enregistrés.

Le journal a précisé que Vance est ressorti de certains de ces appels profondément préoccupé par la stratégie globale de la guerre et ses chances de réussite, après que les évaluations ont montré l’extrême détermination du gouvernement iranien à supporter les pertes et les dommages dans sa bataille pour la survie, parallèlement à la limitation des stocks d’armes défensives américaines disponibles pour faire face aux frappes de représailles iraniennes ou pour gérer des menaces dans d’autres régions.

Le New York Times a rapporté, citant des responsables, que Vance a informé le président Donald Trump et son cercle restreint de ces évaluations, au moment même où Trump recevait des briefings du chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine, sur les pressions subies par les stocks d’armes américains et sur la capacité de résistance des forces iraniennes — des éléments que Trump a eu du mal à croire au départ.

Ces évaluations sombres reçues par Vance ont contrasté avec les déclarations publiques des hauts responsables de l’administration, y compris Trump et le vice-président lui-même, selon le journal. Trump a en effet continué de prétendre que les États-Unis avaient déjà remporté la guerre, que l’armée iranienne était détruite et que Washington ne rencontrait aucun problème d’approvisionnement en armes. De son côté, Vance a récemment minimisé l’idée même que les États-Unis soient engagés dans une guerre.

Lors de réunions privées, Trump a exprimé sa colère face aux rapports médiatiques traitant de la baisse des stocks d’armes, qualifiant de « traîtres » les journalistes ayant publié ces informations. À la suite de la parution de ces rapports, des dizaines de hauts officiers du ministère de la Guerre ont été soumis à des tests au détecteur de mensonges.

Le New York Times a mentionné que Trump ne s’attendait pas initialement à ce que la guerre, débutée le 28 février dernier, dure suffisamment longtemps pour épuiser les stocks américains, anticipant un effondrement du gouvernement iranien en quelques jours. Cependant, la guerre a largement dépassé la période de six semaines initialement estimée par les planificateurs du Pentagone pour l’opération.

D’ici avril, Trump a réalisé, selon le journal, que la guerre ne se déroulait pas comme il l’espérait. Il a alors autorisé son équipe, dont Vance, son gendre Jared Kushner et l’envoyé spécial Steve Witkoff, à commencer à chercher un cadre négocié et un accord avec l’Iran pour mettre fin au conflit, tout en maintenant les autorités iraniennes au pouvoir.

Les responsables informés des contacts de Vance n’ont pas été en mesure de déterminer le rôle exact joué par ses conclusions, le cas échéant, dans la réorientation du président vers la voie diplomatique.

Les échanges de Vance avec les commandants militaires américains révèlent l’ampleur de l’inquiétude au sein de l’administration américaine face à une guerre qui s’éternise et épuise les stocks d’armes, à un moment où les évaluations militaires confidentielles contredisent les déclarations publiques de Trump et des hauts responsables de son administration sur le déroulement de la guerre et l’opportunité de la poursuivre.

Source : Médias