samedi, 20/06/2026   
   Beyrouth 19:27

Sud-Liban: Ali al-Taher toujours « imprenable ». Un 5e soldat tué dans les combats. C’est « la mère des batailles » selon un expert militaire

Un soldat a été tué et 11 autres blessés dans la nuit de vendredi à samedi, dans les combats au sud du Liban, ont révélé les médias israeliens ce samedi, indiquant que ceci a eu lieu dans la région de Ali al-Taher située au nord du fleuve Litani, où les combats font rage depuis plusieurs jours. Ils avaient fait état de 13 blessés pendant la journée de vendredi.

Les communiqués de la résistance libanaise ont rendu compte que les combats se poursuivent dans la région de Kfar Tebnite et la colline stratégique Ali al-Taher, avortant les tentatives de l’armée israélienne de la conquérir depuis plusieurs jours.

Des observateurs constatent que l’armée ennemie a tenté 5 fois au cours de la semaine de la prendre ce qui lui a coûté jusqu’à présent 5 tués, dont 4 annoncés vendredi.

Le porte-parole de l’armée d’occupation a en outre rendu compte de 50 tirs de roquettes sur les forces israéliennes dans plusieurs endroits, dans la nuit de vendredi à samedi.

« Toujours imprenable »

Dans un communiqué publié ce samedi, Média de guerre rapporte que les combattants de la résistance islamique ont repoussé dans la nuit une énième tentative d’infiltration de soldats ennemis vers cette hauteur, sous une couverture de raids aériens intensifs à l’intérieur et à l’extérieur de la zone de combats.

Il a assuré que « les fantassins infiltrés, appartenant à une brigade commando ennemie, sont tombés dans une embuscade tendue par des résistants, qui ont riposté avec des armes appropriées, leur infligeant des pertes confirmées ».  

Média de guerre assure que la Résistance islamique a respecté « le cessez-le-feu proclamé vendredi soir 19 juin 2026, malgré les violations systématiquement commises par l’ennemi dès le début, mais elle est restée vigilante face à la trahison constante de ce dernier ».

Les hauteurs d’Ali al-Taher sont « restées imprenables malgré de nombreuses tentatives de la conquérir », affirme le texte.

La résistance a accusé l’ennemi sioniste de prendre pour cible les civils et les zones résidentielles à défaut de pouvoir occuper cette région stratégique qui surplombe d’importantes régions de Nabatiyeh et tout le secteur oriental de la frontière.

« La mère des batailles »   

Selon le chroniqueur militaire de la chaine qatarie al-Jazeera, le général à la retraite Khalil al-Gemayyel, les affrontements autour de la colline Ali al-Taher est « la mère des batailles ».

Si l’entité sioniste la conquiert ce sera un exploit qui lui permettra de menacer la ville de Nabatiyeh quand bon lui semble, estime cet expert selon lequel cette colline de 600 mètres de hauteur est plus importante que la forteresse de Chqif (Beaufort).

Selon lui, les raids israeliens perpétrés dans plusieurs regions a savoir Kfar Remman, Rihane, Habouche, Mahmoudiyah et Jabal Rafi’ visent a frapper les zones qui entourent cette colline, et a partir desquelles la résistance peut agir pour la défendre.

« Les violents raids israéliens d’aujourd’hui ne sont que le prélude enflammé à une offensive terrestre et à une attaque contre Ali al-Taher », dans les prochains jours estime Gemayyel avant de conclure en prédisant qu’Israël subira des pertes supplémentaires.

Contrôle de feu du nord du fleuve Litani

Le journal libanais al-Akhbar indique que plusieurs tentatives d’avancée terrestre ont jusqu’à présent été sabordées : certaines d’entre elles depuis Wadi al-Hojeir, Wadi Sallouqi, Zawtar, Yohmor et al-Ghandouriyeh. « La topographie de la région a énormément restreint les mouvements des blindés les transformant en cibles faciles pour les roquettes et les engins piégées » de la résistance, selon lui.

Le recours à un autre axe plus accessible, celui d’al-Khardali-Arnoune-Kfar Tebnite a aussi été avorté.

Selon al-Akhbar, l’importance de la colline tient à sa position dominante et à sa capacité à contrôler par la puissance de feu de vastes zones au nord du fleuve Litani.

« Nous devons nous retirer »

Certaines voix israéliennes continuent de mettre en garde contre le maintien des soldats israéliens au sud du Liban, rappelant l’expérience douloureuse du siècle dernier qui les avait poussés à se retirer du sud du Liban en l’an 2000.

Le colonel de réserve israélien Ronen Cohen considère que les soldats de l’armée israélienne au Liban sont comme des « canards dans un champ de tir », tués inutilement.

Selon lui, la présence de l’armée au Liban « incorrecte », déclarant : « Nous sommes là sans raison, car ce qui est nécessaire peut être fait autrement. »

Il a admis que la « protection des colonies du nord » ne se fait pas de cette manière, affirmant que « c’est une illusion » et que « certains jettent de la poussière aux yeux des résidents du nord et à ceux de l’ensemble du public israélien ».

Il a ajouté : « Les missiles et les drones sont toujours capables d’atteindre n’importe quelle zone », ajoutant : « Nous constatons des morts en permanence », reconnaissant que ces événements semblent difficiles et « douloureux à évoquer ».

Cohen a souligné que « quiconque connaît l’expérience libanaise comprend que nous n’avons pas encore été témoins des événements véritablement difficiles, car le rapport coût-bénéfice n’en vaut pas la peine. »

Et Cohen de conclure : « Nous devons nous retirer, plutôt que d’attendre que la réalité nous oblige à battre en retraite. »

Des pressions sur Netanyahu

Selon Rafif Drucker, le chroniqueur politique, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu fait l’objet de pressions de la base qui lui dit qu’il ne peut pas brusquement arrêter au sud du Liban.

« Les violations ne sont pas commises par le Hezbollah car l’armée œuvre militairement au sud du Liban, par conséquent c’est nous qui violons le cessez-le-feu », a-t-il affirmé lors d’un débat pour la chaine de télévision israélienne Channel 13.

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Source : Divers