lundi, 06/07/2026   
   Beyrouth 12:16

Un deuxième avion iranien vers le Yémen | Sanaa à Riyad : Bab al-Mandeb contre la levée du blocus

Par Rachid Al-Haddad

Riyad a haussé le ton face à Sanaa. Dans un communiqué publié par le porte-parole de la Coalition menée par l’Arabie saoudite contre le Yémen, le général Turki al-Maliki, le royaume a menacé de riposter à toute tentative visant son territoire.

Une mise en garde qui a poussé le mouvement Ansarullah à répliquer par une contre-menace : utiliser la carte du détroit de Bab al-Mandeb pour briser le blocus imposé au pays.

Dans ce communiqué publié samedi par l’agence de presse saoudienne (SPA), Al-Maliki a estimé que « les déclarations de la milice houthie de vendredi contre le Royaume ne sont qu’une tentative de détourner l’attention de ses violations flagrantes contre le peuple yéménite frère. Elle cherche ainsi à exporter ses crises économiques et les souffrances de la population qu’elle a elle-même causées, tout en essayant de masquer le rejet tribal et social auquel elle fait face, en projetant ses problèmes vers l’environnement régional du Yémen et les pays voisins ».

Al-Maliki a ajouté que « la Coalition répliquera et frappera avec une fermeté absolue et une force sans précédent pour contrer toute tentative visant le Royaume, ses citoyens et ses infrastructures vitales, ou toute tentative de violer la souveraineté de la République yéménite frère, et ce, conformément au droit international humanitaire et à ses règles coutumières ».

Ce communiqué saoudien intervient en réponse à l’annonce faite vendredi par les autorités de Sanaa, affirmant avoir déjoué une agression aérienne saoudienne qui visait à empêcher un avion de ligne iranien d’atterrir à l’aéroport international de Sanaa et à maintenir le blocus imposé par Riyad.

Les forces armées yéménites ont affirmé avoir mis en échec cette agression grâce à des missiles de défense antiaérienne, précisant que l’appareil iranien avait pu atterrir, débarquer ses passagers, puis repartir vers Téhéran avec d’autres voyageurs à bord.

Elles ont également mis en garde contre « toute nouvelle tentative de violation de l’espace aérien du Yémen », menaçant dans un communiqué que « toute agression ciblant le pays fera l’objet d’une riposte globale et directe visant les aéroports et les intérêts vitaux de l’Arabie saoudite, sur terre comme sur mer ».

Dimanche, le vice-Premier ministre de Sanaa chargé des Affaires de défense et de sécurité, Jalal al-Roweishan, a réagi aux menaces d’Al-Maliki en promettant de mettre fin à ce qu’il a qualifié d’« arrogance saoudo-américaine » et de briser toutes les restrictions imposées au trafic maritime et aérien du pays, affirmant la préparation au combat de Sanaa face à toute urgence.

De son côté, Abdallah al-Nouaymi, membre du bureau politique du mouvement Ansarullah, a estimé dans une publication sur la plateforme « X » que « l’Arabie saoudite a peut-être le pouvoir de s’engager dans une nouvelle guerre contre le Yémen, mais elle ne pourra pas l’arrêter, et la situation échappera à tout contrôle », ajoutant que la décision de cesser les hostilités serait alors entre les mains du mouvement.

Alors que Sanaa se prépare militairement et populairement à accueillir un deuxième vol civil de la compagnie iranienne Mahan dans les prochaines heures, Al-Akhbar a appris qu’« Ansarullah étudie la possibilité d’utiliser la carte du détroit de Bab al-Mandeb pour faire pression sur l’Arabie saoudite. Cela se ferait en accordant un ultimatum à l’ONU et à la partie saoudienne pour lever toutes les restrictions imposées au trafic maritime dans l’ensemble des ports yéménites ; en cas de non-réponse à l’expiration de ce délai, des restrictions similaires seraient imposées à la navigation saoudienne en mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandeb ».

Le directeur de l’aéroport international de Sanaa, Khaled al-Chaëf, a par ailleurs confirmé que de nouvelles dispositions étaient en cours pour la reprise du trafic aérien à l’aéroport de Sanaa, précisant que ces mesures incluaient de nouvelles destinations et que l’exploitation de vols entre Sanaa et Téhéran était parfaitement légale.

Sur le terrain, Riyad a tenté de rallumer plusieurs fronts à l’intérieur du pays.

Cependant, ces tentatives — accompagnées d’instructions du commandement de la Coalition au ministère de la Défense d’Aden pour élever l’état d’alerte de combat sur les différents fronts — se sont heurtées à une riposte inattendue des forces de Sanaa.

Au cours des dernières heures, l’Arabie saoudite n’a pas réussi à imposer une nouvelle donne militaire sur les fronts de la côte à l’ouest, de Dhaleh au sud, et du Jawf au nord.

Selon les données disponibles, ces fronts ont été neutralisés quelques heures après avoir été activés, et cette tentative de déstabilisation s’est soldée par des pertes dans les rangs des forces pro-Riyad.

Source : Traduit à partir d'AlAkhbar